Tout ira mieux sans nous
Nous ne jouirons pas d’un terrible spectacle D’explosions tentaculaires De murailles d’océans fracassant nos remparts De volcans belliqueux crachant leur bile rouge Et leur haleine soufrée à nos faces stupéfaites Mais juste une boue grise Emportera un jour les derniers résidus De ce qu’un jour nous fûmes Nous nous sommes assis là Sur cet amas de chairs Sur ce tas de viandes mortes Sur ces os en poussière Proclamant haut et fort Que nous étions vainqueurs Et plus sages et plus grands Que nous étions meilleurs La tête dans les lumières Et les pieds pataugeant Dans un tas de viscères Pourris et d’excréments Lovés dans notre foi De puissants bâtisseurs Nous nous sommes faits rois Nous sommes les seigneurs De cet empire malade Qui nourrit en son sein Métastases en myriades Qui seront notre fin Les yeux en orbite autour de l’astre suprême Bombardant sa lumière froide à nos cortex usés Nous perdons nos yeux dans ces écrans noirs Qui n’ont ni l’éclat ni la sagesse des cieux Affamés, faméliques, kystes liquides Traqués par notre propre peur Nous traînerons quelques souvenirs Quelques oripeaux de civilisation Avant de nous échouer, tristes épaves Sur les rives de l’oubli Quand les pulsions grouillantes Auront été bien consommées, avalées, digérées, régurgitées Ne resterons que nos chairs nues Qu’il nous faudra apprivoiser Perdus dans ce monde minéral Qui est notre peine capitale Dans le silence imaginaire se cache encore un peu de vérité Tout ira mieux sans nous Quand ce monde fatigué se retournera sur lui-même Pour balayer d’un soupir Nos visions misérables, nos désirs d’éternel Qui doucement s’étioleront Quand les pulsions grouillantes Auront été bien consommées, avalées, digérées, régurgitées Ne resterons que nos chairs nues Qu’il nous faudra apprivoiser Perdus dans ce monde minéral Qui est notre peine capitale Et nous danserons un temps dans cet air cherchant à retrouver sa transparence Les saisons millénaires se souviendront à peine De nos fracas intenses, de nos sirènes, nos vacarmes Et bientôt le murmure De quelque jeune ruisseau Sifflera notre oubli Ne restera qu’une strate Juste un peu plus épaisse Que celles que nous piétinions Et si demain brûle Les promesses des jours radieux Les aubes scintillantes Les sereins crépuscules Et si demain brûle Les épis dorés des moissons à venir Les visions exaltées Des progrès rédempteurs Et si demain brûle Et l’envie et l’espoir De nos cerveaux malades Résignés à la chute Et si demain brûle Les élans viscéraux Et les émois vitaux De la jeunesse ardente Ne resteront de nous Que quelques pierres taillées Que quelque acier rouillé Dans le béton désarmé Quelques montagnes fissurées Quelques oripeaux de plastiques Par l’océan charriés Quelques souvenirs de verre et de bitume Par les vents balayés Quelques chimies toxiques sur les rives de ces fleuves Libérés de leurs jougs, qui jailliront enfin Quelques réminiscences : arbitraires frontières Murailles et remparts ne protégeant plus rien Quelques indices D’un passage oublié Quelques traces éparses Qui dans l’abîme des millénaires Lentement s’étioleront Nous nous sommes assis là Sur cet amas de chairs Sur ce tas de viandes mortes Sur ces os en poussière Proclamant haut et fort Que nous étions vainqueurs Et plus sages et plus grands Que nous étions meilleurs La tête dans les lumières Et les pieds pataugeant Dans un tas de viscères Pourris et d’excréments Lovés dans notre foi De puissants bâtisseurs Nous nous sommes faits rois Nous sommes les seigneurs De cet empire malade Qui nourrit en son sein Métastases en myriades Qui seront notre fin Tout ira mieux sans nous Que soufflent les tempêtes Qui noieront les déchets De notre éternité Tout ira mieux sans nous Que fleurissent les violettes Prospérant sur l’engrais De nos vies compostées
Submitted by Iron_Wraith — Jul 05, 2026
Nous ne jouirons pas d’un terrible spectacle D’explosions tentaculaires De murailles d’océans fracassant nos remparts De volcans belliqueux crachant leur bile rouge Et leur haleine soufrée à nos faces stupéfaites Mais juste une boue grise Emportera un jour les derniers résidus De ce qu’un jour nous fûmes Nous nous sommes assis là Sur cet amas de chairs Sur ce tas de viandes mortes Sur ces os en poussière Proclamant haut et fort Que nous étions vainqueurs Et plus sages et plus grands Que nous étions meilleurs La tête dans les lumières Et les pieds pataugeant Dans un tas de viscères Pourris et d’excréments Lovés dans notre foi De puissants bâtisseurs Nous nous sommes faits rois Nous sommes les seigneurs De cet empire malade Qui nourrit en son sein Métastases en myriades Qui seront notre fin Les yeux en orbite autour de l’astre suprême Bombardant sa lumière froide à nos cortex usés Nous perdons nos yeux dans ces écrans noirs Qui n’ont ni l’éclat ni la sagesse des cieux Affamés, faméliques, kystes liquides Traqués par notre propre peur Nous traînerons quelques souvenirs Quelques oripeaux de civilisation Avant de nous échouer, tristes épaves Sur les rives de l’oubli Quand les pulsions grouillantes Auront été bien consommées, avalées, digérées, régurgitées Ne resterons que nos chairs nues Qu’il nous faudra apprivoiser Perdus dans ce monde minéral Qui est notre peine capitale Dans le silence imaginaire se cache encore un peu de vérité Tout ira mieux sans nous Quand ce monde fatigué se retournera sur lui-même Pour balayer d’un soupir Nos visions misérables, nos désirs d’éternel Qui doucement s’étioleront Quand les pulsions grouillantes Auront été bien consommées, avalées, digérées, régurgitées Ne resterons que nos chairs nues Qu’il nous faudra apprivoiser Perdus dans ce monde minéral Qui est notre peine capitale Et nous danserons un temps dans cet air cherchant à retrouver sa transparence Les saisons millénaires se souviendront à peine De nos fracas intenses, de nos sirènes, nos vacarmes Et bientôt le murmure De quelque jeune ruisseau Sifflera notre oubli Ne restera qu’une strate Juste un peu plus épaisse Que celles que nous piétinions Et si demain brûle Les promesses des jours radieux Les aubes scintillantes Les sereins crépuscules Et si demain brûle Les épis dorés des moissons à venir Les visions exaltées Des progrès rédempteurs Et si demain brûle Et l’envie et l’espoir De nos cerveaux malades Résignés à la chute Et si demain brûle Les élans viscéraux Et les émois vitaux De la jeunesse ardente Ne resteront de nous Que quelques pierres taillées Que quelque acier rouillé Dans le béton désarmé Quelques montagnes fissurées Quelques oripeaux de plastiques Par l’océan charriés Quelques souvenirs de verre et de bitume Par les vents balayés Quelques chimies toxiques sur les rives de ces fleuves Libérés de leurs jougs, qui jailliront enfin Quelques réminiscences : arbitraires frontières Murailles et remparts ne protégeant plus rien Quelques indices D’un passage oublié Quelques traces éparses Qui dans l’abîme des millénaires Lentement s’étioleront Nous nous sommes assis là Sur cet amas de chairs Sur ce tas de viandes mortes Sur ces os en poussière Proclamant haut et fort Que nous étions vainqueurs Et plus sages et plus grands Que nous étions meilleurs La tête dans les lumières Et les pieds pataugeant Dans un tas de viscères Pourris et d’excréments Lovés dans notre foi De puissants bâtisseurs Nous nous sommes faits rois Nous sommes les seigneurs De cet empire malade Qui nourrit en son sein Métastases en myriades Qui seront notre fin Tout ira mieux sans nous Que soufflent les tempêtes Qui noieront les déchets De notre éternité Tout ira mieux sans nous Que fleurissent les violettes Prospérant sur l’engrais De nos vies compostées
Submitted by Iron_Wraith — Jul 05, 2026