L'entéléchie du malheur
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Brûle! La cité brûle La cité s'enflamme Et dans ses braises s'y perdent nos âmes Tant d'ignorance Tant d'intransigeance La paranoïa est le nouveau diktat La peur s'infiltre Irrationnelle et subtile Nos cœurs se ferment Mais l'ennemi n'est pas celui que l'on croit L'ennemi n'est pas à nos portes Il se fabrique dans nos consciences Il se construit en silence Insidieux Et sournois Il fait trembler L'édifice de nos droits Et brique par brique Mur après mur La peur de l'autre devient nos dérives collectives Mais il n'y pas d'eux Il n'y a pas de nous Il ny'a que l'écume de notre mépris Et je me tourne vers toi Toi qui crains et qui doute N'as-tu pas compris déjà Que nous faisons fausse route? Et je me tourne vers vous Vous rivés à l'écran Ne voyez-vous pas La faillite de l'espèce Inscrit en toutes lettres Là où la compassion est mise en échec? N'en avez-vous pas assez Ou préférez-vous encore Les regarder se noyer? Des privilèges pour les uns La misère pour les autres La balance des forces Pour justifier l'atroce Du pain pour les opulents La poussière pour le restant Mais ne savez-vous pas Que la beauté nous sauvera? Et je me tourne vers toi Qui ne fais que nourrir sa rage Et je me tourne vers vous Qui alimentez l'orage Expliquez-moi Comment pouvez-vous mettre des enfants dans des cages? Personne n'est illégal Ouvrons Ouvrons les frontières De nos cœurs De nos cœurs sectaires Ouvrons Ouvrons les frontières Personna n'a de drroit acquis sur la terre Ouvrons Ouvrons les frontières À bas À bas les barrières! Ouvrons les frontières Ce sont nos sœurs et nos frères
Submitted by Corpse Defiler — Jun 26, 2026
Je marche À l'ombre Je marche à l’ombre des réverbères Je marche la nuit en solitaire J'avance Encore J'avance encore sous ce voile stellaire Et j’en fais encore mon enfer Les yeux glacés sur le ciel de minuit L'expression figée dans la grisaille de l'ennui La mélancolie s'empare de mеs rêveries Le dégoût Le dégoût et l'horreur S'emparent de mes humeurs Ils m'imprègnent de leurs tristes couleurs Et tous mes rêves Tous mes rêves sombrent dans l'oubli Tandis que je m’enfonce au plus profond de la nuit Mais d’où me vient donc cette tristesse infinie? Et pourqoi donc Pourqoi donc autant de dépit? À qui dois-je m'en remettre pour me garder sain d’esprit? Quel dieu dois-je vénérer pour Trouver la félicité? Quelle route dois-je emprunter pour ne plus m'égarer? Existe-t-il quelqu'un Pour nous dire où aller? L'écho de la ville résonne en mon âme Il corompt les plus infimes parties de mon essence Infecte les plus sombres recoins de ma substance Et je me demande Je me demande si le bonheur est ainsi fait Ou si vraiment je ne fais que courir à ma perte Est-ce que vraiment je cours à ma perte? Est-ce que vraiment le bonheur est ainsi fait? Il y a un ciel à l’intérieur Que je n'arrive plus à faire briller Il y a un monde à l'extérieur Qui m'est totalement étranger Il y a des idées qui s'envolent Que je n'arrive plus à rattraper Il y a des souvenirs qui s'accrochent Mais que je n'arrive plus à nommer Et il y a la mort à l'interieur Qui m'est difficile d'ignorer Et il y a ce monde qui se meurt Mais personne ne semble être concerné Il y a ces réminiscences du passé Auxquelles j'essaie de ne plus m'accrocher Mais il reste ces pensées qui m'attristent Et qui me laissent la mort dans l'âme Il y a mon cœur en émoi Qui cherche l'espoir constamment Et il y a cette voix Qui hurle incessamment Et il y a ce ciel Où personne ne nous attend Et puis il y a moi Qui n'attend plus quoi que ce soit
Submitted by Corpse Defiler — Jun 26, 2026
La ville est totale Son emprise fatale Son empire est sans horizon Royaume d'illusions J'en perds la raison Mes plus profondes convictions Son air est vicié Ses rues encombrées Je suffoque parmi la foule, épuisé En mal d'existence En manque d'idéal La démesure s'empare de notre essence L'hubris à outrance Plus rien n'a de sens Nous sommes l'animal cruel et sans âme Car ici s'inscrit Sur ce sol meurtri L'implacable tragédie d'où s'exposent les ruines de nos vies La ville me prend La ville me tient Peut-on trouver le bonheur à toujours marcher les mêmes chemins? La ville nous ment La ville nous retient N'existe-t-il pas d'autres routes que celles qui ne nous mènent à rien? Et au travers des hordes Au travers des spectres Les joies qui sont les vôtres M'apparaissent contrefaites Et si la ville carbure Aux malheurs quotidiens Et aux rêves brisés Alors à quoi bon? À quoi bon nourrir l'espoir Si plus personne n'arrive à y croire? À quoi bon avancer Si c'est pour constamment reculer? Et à quoi bon s'enivrer Si nous n'arrivons même plus à rêver? Et alors à quoi bon continuer D'exister s'il nous faut vivre enfermés? Et alors pourquoi s'entêter Si nous avons déjà abdiqué? Et pourquoi accepter De vivre à ce point aliéné? Dépossédé Assimilé Assiégé Dénaturé Combler le vide Combler le vide La médiocrité ne peut être l'assise d'une vie examinée Nos vies sont vides Nos vies sont vides Comment remplir le trou béant qui se creuse dans nos poitrines? L'appât du gain L'appât du gain Nos mains sont pleines, mais de nos cœurs il ne reste rien L'ère du vide L'ère du vide Le culte du rien nous porte doucement jusqu'à demain J'espère qu'un jour Quelqu'un, quelque part Arrive enfin à y croire Mais pas moi Pas pour l'instant Pas maintenant Je noie ma peine au désespoir Je noie ma peine Je n'arrive plus à y croire Je noie ma peine au désespoir La ville me prend La ville me tient La ville nous ment La ville nous retient La ville me tue La ville me brise La ville m'explose La ville m'overdose Mal de ville Mal de vivre Le mal s'infiltre Le mal m'habite Mal de ville Mal de vivre Mon être s'enlise Mon être s'éclipse
Submitted by Corpse Defiler — Jun 26, 2026
Depuis la rue J'entends la rumeur de la ville La confusion me fait frémir Je tends la main J'éteins l'alarme Et tourne le dos à l'aube qui s'envenime La cité gratte à ma porte Mais je préfère la tenir fermée Je barre le verrou et je jette la clé Aujourd'hui, je laisse la journée s'épuiser Aujourd'hui, je laisse le monde s'enflammer Je regarde nos vies partir en fumée Je laisse les secondes s'égrainer J'essaie en vain de contenir mon anxiété Et tandis que dans la rue Les pantins s'animent Ils vont et ils viennent Anonymes Impossibles Leurs regards vides Absents Déments Plus rien n'a de sens Plus personne ne cherche à comprendre Mais que sommes-nous donc devenus? Pourqoi tout est toujours aussi abstrus? Et bien que je cherche encore ce qu'il y a à comprendre Tout m'amène sur des chemins qui ne me mènent nulle part Des chemins qui ne me mènent nulle part Y a-t'il encore quelque chose à comprendre? Comment croire qu'un jour tout ceci nous mènera quelque part? Serons-nous un jour capable d'affronter le reflet du miroir? Pourrons-nous un jour retourner à l'aube gonflés d'espoir?
Submitted by Corpse Defiler — Jun 26, 2026
Noire lumière Blanche noirceur Je m'en souviens comme si c'était hier Triste candeur Profonde douleur Un soir d'hiver l'espoir a fui mon cœur Sombre lueur Vil bonheur Parfois la vie me vide de l'intérieur Parfaite misère Infâme malheur Et chantent en chœur tous ceux qui désespèrent Et chantent en chœur Toute notre peine Toute l'horreur À l'unisson Hurlons en chœur L'entéléchie du malheur Car dites-moi ce que nous sommes Sinon que les architectes de la farce? Et dites-moi qu'est-ce qu'un homme Sinon que l'archétype du désastre? Car si nous ne sommes que les artisans de la souffrance Et que nos âmes éprouvées par le mal Pâtissent dans leurs mouvements Et que nos larmes ne veulent rien dire Devant la force qui nous meut vers l'avant Dites-moi encore où croyez-vous voir de l'espoir Dites-moi encore si vous croyez voir autre chose que le chagrin et la mort Car tout ce que j'y vois n'est plus que la fabrique de nos cauchemars Alors dites-moi Où croyez-vous encore Voir de l'espoir Et dites-moi encore Comment faites-vous pour y croire? Pour y croire Ainsi prend forme l'entéléchie du malheur La tyrannie qui corrode nos cœurs Nous sommes l'entéléchie du malheur La force latente, la fin immanente Et prend forme l'entéléchie du malheur De la puissance à l'horreur Nous sommes l'entéléchie du malheur La perfection dans la douleur
Submitted by SerpentEve — Jul 14, 2026
L'aurore perce la nuit De sa plus pâle lueur Ses funestes rayons Prennent la teinte de mon ennui Le ciel immense M'invite aux plus belles rêveries Mais noyé sous la pluie Je me résigne encore, interdit Et si les jours sont sans couleurs Alors je marcherai le cœur ombragé Je marcherai le cœur ailleurs Le cœur dans les mains Fixé au loin Tandis quе je m'abime dans mes pensées Les heures s'échappent Le temps se dilate Vivre est-il à ce point futile? Est-ce que vraiment tout est à ce point inutile? Et si l'espoir est sans couleur Que nos jours sont empreints d'amertume Nous marcherons le cœur en pleurs Plus rien dans les mains Nos vies vécues en vain Et ici-bas Sur la terre des rêves brisés Là où un jour Fleurissait notre enfance Il n'y a plus Que tristesse et ennui Sur nos âmes vieillies Il n'y a plus Que détresse et ennui Sommes-nous devenus L'image que nous avions juré de ne jamais refléter? Sommes-nous devenus Ceux que nous avions depuis toujours détestés? Et si désormais nos rêves sont incolores Que nous n'attendons plus que la mort Qu'à chaque détour c'est un peu toujours la même histoire Je garderai enfoui profond dans ma mémoire Les souvenirs de notre jeunesse oubliée De nos promesses jurées au creux de l'été À savoir que nous sommes tous ici des étrangers Et qu'il faut toujours continuer de s'émerveiller
Submitted by Corpse Defiler — Jun 26, 2026
Le jour s'ouvre Sur le gouffre amer de mes inquiétudes Et dehors dans le tumulte et l'urgence Les gens rient Les gens dansent Les sirènes retentissent dans l'écho Les sueurs froides me glacent le sang et les os Je me répète que tout est parfait Mais je sais que demain sera fait de regrets Et qu'en est-il de vos fausses promesses? N'aviez-vous pas un devoir envers la jeunesse? Comment avez-vous pu nous céder un tel fardeau? L'échec est complet La traîtrise parfaite Et je ne sais que trop bien Que désormais nos jours sont comptés Que de toute façon les dés ont déjà été joués Nous avons été sacrifiés Sois belle et tais-toi Sois jeune et nettoie Votre arrogance Votre impudence n'aura rien changé J'accuse et je pointe le doigt À tous ceux qui nous ont volé nos rêves J'accuse et j'élève ma voix Devant tous ceux qui nous ont volé notre innocence Comment avez-vous pu? Pourqoi encore faire la sourde oreille? Comment pensez-vous vous en sauver? Ne comprenez-vous pas Que personne ne sera épargné? J'accuse Et devant vous Je me tiens droite Et j'accuse J'élève la voix Ne m'entendez-vous pas? Ne voyez-vous pas L'orage qui guette au loin? Mais vous ne craignez rien Car demain vous ne serez plus là N'entendez-vous pas Le tonnerre gronde, lointain? Ne savez-vous pas Que demain la tempête viendra? N'ignorez-vous pas Que demain C'est le vent mauvais Qui nous portera? La tempête viendra
Submitted by Corpse Defiler — Jun 26, 2026
Sépulcrale demeure Richissime splendeur Vaste univers Moribonde lumière Une pensée dans l'éther Un poignard dans la chair La vie dans la vie Accouche de l'étrange dans les ténèbres de minuit Ô nuit sans bruit Ô triste ciel gris Ici-bas le vent souffle si froid Qu'il nous glace le sang Ô froids soleils Ô mortes planètes Votre lumière ne peut faire autrement Que me rappеler notre sinistre trépas Ô envies d'infinis Ô impétueuses passions Qu'en est-il de l'être-vers-la-mort Lorsque confronté à sa déréliction? Ô immonde monde Ô impérieux vertige Ce peut-il que le fardeau qui pèse sur nos épaules Ne soit rien de plus que le lot de notre condition? Que le fardeau de notre condition De l'émerveillement à l'angoisse De la naissance à mort-vivant Personne pour entendre nos gémissements Personne pour atténuer notre tourment Perdus aux confins de nulle part Aucune certitude outre que la mort Scruter l'horizon ou sonder la raison Plus rien ne semble en mesure de répondre à nos questions Labyrinthe mythique D'où personne ne sortira jamais vivant Captif de l'orbite Où chacun devient l'esclave du temps Le souffle coupé La gorge serrée Se trouve-t-il quelque chose pour nous libérer De l'angoisse et de la nausée? Vivre l'insoutenable Rester l'injustifiable Aspirés par le vortex de nos consciences Confrontés au grand néant bland de l'existence Et le temps qui passe Le temps qui fuit Emportant absolument tout dans sa course Avec lui Et mon corps qui flanche Devant cette interminable quête de sens Comment faire pour s'extirper de l'inextricable vacuité de l'être? Comment s'extirper de l'inextricable vacuité de l'être?
Submitted by Corpse Defiler — Jun 26, 2026
Les rideaux se ferment Sur une autre journée qui s'achève Déserteur à l'âme vaine Je serpente la ville et marche mes rengaines Mortifié par l'ennui Le spleen m'envahit J'erre sans raison Mon être se corrompt Des milliers de visages tristes Des centaines de vies apathiques Cettе ville me tue et pourtant J'en parcours encore chacune de ses rues Chachune de ses avenues Sous les lumières des néons Dans les cafés et les salons Je reste las À contempler la déraison Et vraiment C'est ici Que la folie A trouvé sa raison Mon cœur en vigile Se fracasse dans l'attente J'ai la tête qui éclate en silence L'estomac qui se noue dans la tourmente Et vraiment Ces jours-ci Plus rien n'arrive à me surprendre Plus rien n'arrive à me surprendre Et sous ce morne crépuscule Je m'abandonne à la lune La cité devient ma sépulture Mon cimetière rempli d'amertume Et sur ce paysage Qui me laisse en sanglot et en pleurs S'y inscrit mon épitaphe de malheur S'y inscrivent toute ma peine et ma douleur Et sous ce morne crépuscule Lorsque le jour se dissipe sur l'azur La cité devient ma solitude Un asile qui n'a plus rien de pur Et tandis que les heures passagères S'effritent et retombent en poussière Mon corps en jachère N'aspire qu'à retourner à la terre Et tandis que le tumulte des jours S'imbrique dans ma tête Il laisse sa maruqe sur mon âme enflammée Il laisse son stigmate sur mon corps décharné Et les maux qui s'empilent dans ma tête Les mots qui m'affligent sans cesse Et la route m'apparait introuvable Quand la ville m'apparait être un dédale Et lorsqu'enfin La nuit redevient Et que l'étoile descend sur l'horizon Qui s'éteint Nous ne savons que trop bien Que c'est ici où nous avons tous échoué Que c'est ici ou plus personne N'a le droit de rêver Et lorsqu'enfin La nuit redevient Et que l'étoile descend sur la ville Qui s'éteint Je ne sais que trop bien Que c'est ici qu'est la fin Que c'est ici ou jamais plus Je n'aurai le droit de rêver À chaque heure Chaque minute Cette ville Elle me tue Alors pourqoi je m'entête et j'endure? Pourquoi j'en parcours encore et toujours Chacune de ses rues et avenues?
Submitted by SerpentEve — Jul 14, 2026