On S'en Fout - Livre III
Arrête-toi! C'est les Allemands ! 1940... pègre... accent corse... À Fresne ça sort plus que ça rentre Bientôt pour blaz un aigle, les truands Passent en force. Caban - noir Brelique - noir Lunettes noires Trench en cuir - noir Voici l'alliance des aigles et des vautours Monte dans la Citroën - noire Faire un tour. Pistolet Schmeisser, Berreta, Usent de l'envahisseur pour ken les flics, les magistrats. Ils tuent par commandite J'me souviens plus, en allemand, puissance , comment vous dites ? Miston traîne pas dans leur zone de Non-droit, nul horizon... Ton smile y va pas faire long feu 9-3 rue L. Rabattage, balayage, tabassage, menottage J'sais plus quoi en -age Mais tu sors de cage avec un garrottage Si tu lâches un pourcentage. Georges Le Ratagne, Dédé La Mitraillette, Tony La Serpette... R.A.F (rien à foutre) de la R.A.F (Royal Air force) L'Armée Secrète finit chez l'ostéo Les Zazous Au S.T.O.
Submitted by Iron_Wraith — Jun 05, 2026
Ah! Oui... c'était bien le pays La poulaille qui gratte le crottin L'auberge à l'enseigne peinte Avec un char de sapins Liés de chaînes devant la porte Et cette vieille senteur triste De montagne dans le vent. On n'entendra musique si gaie On n'entendra musique si triste Comme les cloches du dimanche Comme l'air de cette musique-là... Une amitié : celle qui se forme Le soir en regardant le feu Dans l'odeur de genêt flambé Près d'un vieux chien qui jappe en songe. Un monde de forte poésie Rudimentaire et parfait Fait pour des saints Ou pour des brutes. Ils étaient sûrs... Nos vieux, ils étaient sûrs Qu'il n'y avait plus rien à changer À leur besogne Ni À la vie. Toujours Ils banquetaient à la Saint Pierre Toujours les Compagnons suivraient La procession de la Fête-Dieu. Toujours, toujours... ils feraient dire une messe Et rapport'raient Une miche bénite pour l'fils du maître. Le maître On était fier de le dire riche, très riche... Mais on s'plaisait à lui casser les noix À lui montrer qu'dans les moulins La frairie seule faisait la loi. Bon pénitent plutôt que bon chrétien Posé mais aimant les bombances Aussi bien pour grailler qu'pour pester à outrance Contre les flics, les juges ! Contre le maître ! Un peu de pluie commence de tomber, Bientôt là-bas emplissant tout le Nord L'hiver lèv'ra sa gueule de bise, soufflant par tout l'espace Cette haleine qui tenaille la peau et la fait grise comme une crasse; Le temps bouché sans vue, le noir comme disent les gens ici, Sans espoir les serrées où tout craque et se fend, Le mélange de neige jaune et d'eau qui gicle sous les godasses transpercées, Cette épaisseur de brume pourrie, Toute cette misère. Les cloches sonnent le glas des trépassés Elles sonnent de ce branle jusqu'à l'aube. Le vent se lève, Le vent se lève. Il hurle par les cheminées, Il siffle sous les portes, Le vent se lève, Le vent se lève. Il arrive de loin - l'enculé D'entre les sapins, les forêts, Et sous son aile noire les âmes en peine Dans les montagnes gémissent avec lui. Dehors le sombre la tourmente, Ce bruit de soufflerie qui n'en finit plus. Je m'y suis senti échoué dans cette maison Tout... tout au fond du vallon Presque emporté par la tempête Qui bat les bosses des forêts Des sapins, des sapins, des sapins, des sapins... Et combien d'âmes ? Et combien d'âmes mon frère ? Combien d'âmes ?! Ici le soleil semble N'avoir percé depuis des mondes d'années. Ils n'ont rien de trop gai Les froids plateaux de La Chaise-Dieu C'est sombre C'est noir C'est la mort. De haut, toutes les minutes, Une goutte tombe Juste sur la petite coquille De fer où l'on appuie le pouce Pour soulever le loquet Rouillé d'une place forte Mais qui viendra jamais Pousser de nouveau cette porte? Comme l'on songe à des yeux clairs Qui donnèrent un jour leur regard L'on peut songer à ces remparts Où l'badaud ne vient guère, Où des hommes, bien avant ces tags, Mangèrent, dormirent, burent en nombre, Et qui n'est plus qu'une terre vague Où l'on respire l'odeur de l'ombre.
Submitted by Iron_Wraith — Jun 05, 2026
Commencez, mes petits diablots Grignotez, croquez vos notes Et barbotez comme marmottes Ou corbeaux affamés Faites dictée bien rimée! Ave Malfé! Ave Malfé! La dure mort éternelle C'est la chanson des damnés Bien nous tient à sa cordelle La dure mort éternelle Nous l'avons méritée telle Et à elle sommes donnés La dure mort éternelle C'est la chanson des damnés. Mais diantre! Fermez vos bouches En vostre horrible diablerie j'avais dit belle chanterie... Quel bruit affreux! Quelle bouse louche! On dirait du Sale Freux! Satan tu feras la teneur (la partie conductrice) J'assurerai la contresus (l'accompagnement) Belzébuth dira le dessus (la voix haute) Avec Bérich, à haute double, (en doublant la partie) Et Cerbère toi, tu f'ras un trouble. (un trio) C'est la chanson des damnés Bien nous tient à elle La mort éternelle! Haro! Ribauds, vous m'pétez les tympans Tant menez cris épouvantables! Cessez, cessez de par le diable! Votre chant s'accorde trop mal. La dure mort éternelle C'est la chanson des damnés Bien nous tient à sa cordelle La mort éternelle.
Submitted by Iron_Wraith — Jun 05, 2026
Sortent... S'arment... Les fils, les filles, les enfants du Feu! Du feu de l'astre noir, noir de rage rentrée... Fiel! Phare! Œil sévère et froncé D'Herlequin Notre Père Versant la haine sauvage Dans les cœurs français. Le ciel se noircit d'un vivier de stukas Météo n'avoir pas vu cette pluie: Météorites de fer sur ton QG jusqu'à Qu'il prenne la forme d'une flamme ou d'un puits. Est-ce le tonnerre qui grogne ou nos motos qui grondent? Sont-ce les foudres de Thor ou tes potos qui tombent? Est-ce ton Dieu omniscient ou nos poignards qui sondent Le cœur De tes congénères? Eh M'sieur le Cardinal Bénissez nos balaclavas. La coke, les filles, les bacchanales Attendront bien le Walhalla Et dans l'ciel Foncent de gros oiseaux On a peint sur l'métal de leurs ailes L'emblème du Faisceau. Il y a dans l'ciel d'Europe Comme une lueur d'incendie Comme une rougeur d'aurore. Oh rose n'est pas l'horreur Mais l'horreur est la clause, Peut-être, peut-être... D'un nouveau paradis. Quand notre jour viendra Indra viendra d'Hyperborée, Il roulera vite et hyper bourré 1500 chevaux de chrome azuré Tonnant sous l'capot De son char doré. Notre! Nom! Notre nom a été sali Mais nous sommes propres. On arrive plus beaux, plus chauves, Plus f4sc1st3s que jamais! Moins laxistes que jamais Putain j'crois qu'les frérots wow en ont gros... J'ai comme l'impression Qu'ils en ont trop oh qu'ils vont tout cramer! Qu'ils vont faire la bataille! M'sieur la juge c'est pas une agression, C'est des représailles. J'ai cru lire dans vot'plan: Inséminer mon clan, l'amalgamer, Couper les couilles des Blancs, les désarmer. Heinkel, Messerschmitt, Focke-Wulf! WULF! Torpilles! Geysers! Blitz! Fuck tes hools! Le Ministère de l'Air a délivré les archidémons de la Luftwaffe C'est la chasse Sauvage! Dans le ciel une forteresse volante A levé la queue Bientôt la casse se Propage! Heinkel, Messerschmitt, Focke-Wulf! WULF! Torpilles Geysers! Blitz! Fuck tes hools! Baise! Baise !! Baise tes hools, suce mes boules Sus aux rouges! Sus aux verts! Vive nos rousses! Vive nos roues solaires! Beeerk! Tes nations Arc-en-Ciel n'ont qu'une couleur de pu Elles finissent toutes dans l'jus De la nuit polaire. Dans le fracas des armes Et l'aboiement des chiens Sans cape et sous capuche La mesnie Herlequin F'ra chanter ton alarme. Un hennissement de carne Le fouettement d'une cuche, ah! Sont signes qu'Elle vient. On s'en fout On s'en fout... ON S'EN FOUT! C'est le mot d'ordre. On s'en fout du Zaïre Du vivre-ensemble Et du soleil De l'avenir On s'en fout! Un drapeau noir bien noir Qui nous rassemble Autour de lui, autour de lui! On s'en fout! Des mecs en noir bien blancs Qui nous ressemblent Qui savent se faire haïr Quand tombe la on s'en fout! - nuit. Nous avons bien souffert Nous souffrirons encore surement Nous connaîtrons l'enfer, le ferme, L'angoisse du lendemain Mais sur le chantier de la France On déboule en chantant Pour démolir avec un gros Caterpillar Bercy, la Préfecture, Le S. de la M.-P. Les Loges, ton quartier, ta villa! Depuis la frontière neigeuse Jusqu'aux rivages ensoleillés Une jeunesse aventureuse S'enrôle sous l'baudrier Gars de l'usine ou de la terre Laisse le chekist à Moscou Et chasse la clique étrangère Qui veut se dresser contre nous. Nous!" Ah ouais! J'espère que tu t'en souviendras bien De la mesnie Herlequin. Ecce ingens exercitus militum sequebatur et nullus color nisi nigredo et scintillans ignis in eis uidebatur. Maximis omnes equis insidebant, et omnibus armis armati uelut ad bellum festinabant, et nigerrima uexilla gestabant. (Voici que surgit une immense armée de chevaliers: on n'y remarquait aucune couleur à l'exception du noir et du feu étincelant. Ils montaient tous des chevaux gigantesques; ils se hâtaient, armés de toutes pièces, comme s'ils allaient au combat, et portaient des enseignes toutes noires.) Et vous verrez un Chef accompagné de plusieurs manières de gens, Les colonnes d'une squadra, des bidons d'essence, Des êtres épouvantables ballotés sur des monstres roulants Qui manient le bâton avec beaucoup d'aisance. Vous verrez nos fantômes Vous vous croirez atteints De schizophrénie Vous verrez nos hommes Vous verrez qu'La Mesnie Elle... elle s'en branle! Elle s'en carre! ELLE S'EN FOUT! C'est son mot d'ordre Elle s'en balec des ordres Et du soleil De Djibouti! Un café noir bien noir Qui nous démarre Pour toute la nuit, pour toute la nuit! Un baveux bien marron Si le plan foire. Si le plan foire. On s'en fout! Mes hommages au patron En cas d'victoire.
Submitted by Iron_Wraith — Jun 05, 2026
Consolamini, consolamini Popule meus Cito veniet salus tua Quare merore consumeris Quia innovavit te dolor? Console-toi mon peuple Vite, viendra ton salut. Viendra ton salut, ma France éternelle! Pourquoi dans la douleur, l'inaction et la honte Te consumes-tu? La vieille sait qu'on vient vers elle Dès que le désespoir harcèle Ceux qui mordent les os de leur misère. Aussi, quand les bises des maladies, Sur les fermes abalourdies, Soufflent, aux fentes de la porte, Et pénètrent et plus ne sortent. Le sol, il n'est que trous et bosses; Aux quatre coins bâillent des fosses: L'hiver y fend les pierres, L'été on y entend, Par le silence haletant, Vivre la mort qui germe au fond des bières. Encore la France bossue; Un joli pays où le Bon Dieu n'a passé que deux fois: La première pour le créer, La deuxième pour l'abandonner. Verts parages qui se sont dépeuplés quand les gens ont pu comparer la vie qu'ils y avaient à celle qu'on vivait ailleurs. Ici, l'église rongée comme du pain rassis Et là-bas là, la croix de fer tordue par les rafales... Souvenez-vous ! A Thiers, les coutelleries tremblaient au ronflement des meules. Humidité, obscures salles en galeries de planches sur le torrent Dans la pénombre de ces gorges où le soleil n'arrive pas... L'eau, battant les roches, court sous les parapets, Ressort des voûtes ténébreuses et vient choir en pesantes gerbes. Un bourdonnement ébranle, boucanées par l'âge, Ces antiques bâtisses d'un temps où les Compagnons s'appelaient Six- Epées, Le Grand-Clermont, ou Thiers-la-Clef-des-Cœurs. Ah mais des jours ont passé depuis ceux où nous marchions sur l'herbe fine Et sur les œillets de montagne, là-haut... La crise est venue, le temps de la misère, Et qu'est-ce que c'est que cette angoisse qui monte, Comme dans un air pesant, raréfié, Le bourrelet violet de la tempête, sur tout le front De l'horizon? Encore la France bossue Toujours cette vieille carne Qui n'a pas l'chic de canner Qui veut pas plier Même quand on lui roule dessus Même quand on s'acharne. Comme un troupeau de bœufs aveugles, Avec effarement (...) au fond des soirs, L'ouragan beugle. Et tout à coup, par au-dessus des pignons noirs, Que dresse, autour de lui, l'église, au crépuscule, Rayé d'éclairs, le clocher brûle. La tour, avec à son faite la croix brandie, Épand, vers l'horizon hallucinė. Les crins rouges de l'incendie. Le bourg nocturne en est illuminé. Les visages des foules apparues Peuplent de peur et de clameurs les rues Et, sur les murs soudain éblouissants, Les carreaux noirs boivent du sang. Le vieux meunier (...) On l'enterra, l'hiver, un soir de bise aiguë, En un terrain de cendre et de ciguës. Le jour dardait sa clarté fausse Sur la bêche du fossoyeur; Un chien errait près de la fosse, L'aboi tendu vers la lueur. La bêche, à chacune des pelletées, Telle un miroir (...) luisait mordait, et s'enfonçait. La fin du jour s'emplit d'ombres suspectes. Sur fond de ciel, le fossoyeur, Comme un énorme insecte, Semblait lutter avec la peur; La bêche entre ses mains tremblait, Le sol se crevassait Et quoi qu'il fit, rien ne comblait Le trou qui, devant lui, Comme la nuit s'élargissait. Personne au mort n'avait prêté deux draps. Nul n'avait dit une prière. Personne au mort n'avait sonné le glas. Aucun n'avait voulu clouer la bière. Et les maisons et les chaumières Qui regardaient le cimetière, Pour ne point voir, étaient là toutes, Volets fermés, le long des routes. Putes! Saint-Pal... Condat... La Chaise... FORCE! Marsac... Arlanc... Ollièrgues... FORCE! Feneyrolles... Novacelles... Saint-Amand... FORCE! La Forie... L'Imberdis... La Volpie... FORCE! FORCE!
Submitted by Iron_Wraith — Jun 05, 2026