Peste Noire
Album • 2007
Jours couleur merde, saveur crépuscule Vie crade... Tout autour ces crapules D'hommes-chiens me suffoquent. De mon crâne Ils ont fait une cellule, une grotte Où crimes, névroses, idées noires Comme des crapauds sautent Pullulent ! De coups et de crottes Est taguée ma mémoire, Mon présent dévoré Par la dépression. Vers et verrues les obsessions M'ont verrouillé et laissent croire Que le futur est rance... La tête embronchée dans les grimoires Boulets aux pieds au sein du monde Moi je n'avance... Immonde Je suis ce grabataire Dont l'envol et l'errance Ne se font que sous terre. Enseveli vivant parmi les vivants J'ai visité l'Enfer Couvert de psychiatrices. Ouvrant ma voile aux vents De mort j'ai pénétré la matrice Du monde, dévalant à 200 Le long de ses racines. Tout au fond du cratère J'ai trouvé Notre Père Qui m'a donné le Sens La science de la Terre, Celle du Mal qui vaccine. Comme la peste et la famine Je suis donc remonté Plein de démence assassine Pour le plus haut tout dompter. Famine Dernier siècle.
Submitted by BloodShrine — Apr 26, 2025
Sperme noir de soir en soir tu t'immisces Carnage incarné au cœur de l'orifice, Criminelle crasse au fond des fentes grasses, Neige, brûlure, qui pour toujours glace Les corps chauds une nuit Ravis Qui demain s'effacent L'écorce salace Lentement écorchée... Déesse Sida tu pourris Ravage L'humaine porcherie. Tes proies, genre cadavre, Le faciès défoncé blafard comme une tombe Tombée dans le fossé De tous les périmés, S'enfoncent Dans l'égout de l'oubli... De leur trou désormais Elles pleurent et contemplent Le terrestre temple Des vivants, Le seul à jamais Où elles auront pu Rejoindre le ciel À travers un cul. Très-haute et très-puissante Famine. Princesse de Valfunde, Première princesse du sang. Dernier siècle.
Submitted by Corpse Defiler — Apr 26, 2025
En France en ad mult merveillus turment : Orez i ad de tuneire e de vent, Pluie e gresilz desmesurëement ; Chiedent i fuildres e menut e suvent, E terremoete ço i ad veirement. De Seint Michel del Peril josqu'as Seinz Dés Besençun tresqu'al port de Guitsand, Nen ad recét dunt del mur ne cravent. Cuntre midi tenebres i ad granz : N'i ad clartét, se li ciels nen i fent. Hume ne l'veit, ki mult ne s'espöent ; Dïent plusor : « C'est li definement, La fin del secle ki nus est en present. » Icil ne l'sevent, ne dïent veir nïent: C'est li granz doels por la mort de Rollant." La chanson de Roland, vv. 1423-1437, XIº siècle.
Submitted by BloodShrine — Apr 26, 2025
Dient dyable : « Il n'i a el, Toz jors tient Dieu ceste riote : Un vilain symple, un ydiote Aimme assez mielz, c'en est la some, Qu'un soutil clerc ne c'un sage home. Ces folz agrestes, ces senglers, Ces vilains a ces durs sollers Aimme assez mieulz que roys ne dus. Plus mainne Diex ou ciel lassus De vilains a blanches chappetes, De veves fames, de viellettes, De mesiaux, de tors, de croçus, De contrefais et de boçus Qu'il ne face de bele gent. Li fort, li preu, li bel, li gent, Les beles dames de grant pris Qui traïnant vont vair et gris, Roys, roÿnes, duc et contessez En enfer viennent a granz pressez, Mais ou ciel vont pres tout affait Tort et boçu et contrefait. Ou ciel va toute la ringaille : La grain avons et Diex la paille » Gautier de Coinci (1177-1236) Miracles de la Vierge
Submitted by Iron_Wraith — Apr 26, 2025
Jadis tu pondis un microbe dans ma tête. Depuis... ce microbe grandit ; tel un ver solitaire De l'intérieur il tète, boit la chaleur, les couleurs De mon corps, m'entraînant droit sous terre alors Dans le marais de la vie évitant les traînées Je nage sale et seul comme un requin, marteau : Me lier pour nager, m'attacher à quelqu'un ? Ce serait couler dans la lie... Déjà vieillard à vingt ans Je parle le francien mieux que le français, C'est qu'aux êtres vivants Je préfère les langues mortes. Bien, qu'avec les morts et les mots Je n'ai pour amicale escorte Que les démons médiévaux, Le soir qu'une mentale Hécate Pour mouvoir ma main droite. Troll, trop laid, sous contrôle psychiatrique, Cas isolé je suis ce kamikaze pas drôle En camisole chimique, Gueux désolé qui gueule Aux ordres de Malfé que des obscénités dans un vieux Black mal fait... Dieu, je ne veux pas le remplacer non Juste le tuer ; car coupable de rien pourtant Du grand mélancolique j'ai toujours eu les larmes Et du terrorisé, l'éternelle colique. Paranoïaque à bloc mes seuls amis sont des armes, Dans les bois et ma cave, je bois et me cache, C'est que les rayons du soleil révèlent les taches... Jadis tu pondis un microbe dans ma tête. Ce microbe a grandi et a pris de la place Qu'il se confond aujourd'hui avec son logis : Si l'être humain que j'étais n'est plus qu'une carcasse, Ce microbe a grandi c'est un homme à présent Un homme qui me remplace, Aussi dur, aussi froid et aussi efficace Que de l'acier trempé. Écoute bien : La balle que tu vas prendre dans la tête, C'est lui, notre enfant. Car si toi tu as oublié Du temps de ta pondaison Les heures reculées, moi toujours Mon enfance crie vengeance Et pour sa pendaison, à son tour Elle viendra t'enculer. Famine, Dernier siècle.
Submitted by johnmansley — Apr 26, 2025
Sonnet pour dame enceinte Cette nuit j'ai rêvé que je mâchais ses yeux Après avoir crevé par accès de furie Ta replète panse d'helminthes blancs nourrie, Trop prompte à déféquer le fruit d'un vit sanieux. J'ai sucé ton poupon et j'ai sucé l'épieu Qui pour extraire ton ver à demi mûri S'enfonçait dans tes chairs humides et pourries Et drainait jusqu'à moi le paquet silencieux. C'était un bel enfant... Il avait les moignons De sa mère ! Le teint mortifère et trognon De ton corps émondé sous la lame qui danse. Ses cuirs sabrés au gré de ma fantaisie belle Délicieux exsudaient l'arôme sexuel De ces puants mort-nés trop tôt privés d'enfance. Famine La bête blatte blette de Valfune
Submitted by Corpse Defiler — Apr 26, 2025
Introduction : extrait des Chants de Maldoror, émission radiophonique de l'Atrabilaire M. De la même manière que nous nous sentons en marge et au-dessus d'un monde que nous voulons annihiler, les anciens sorciers furent les révolutionnaires du passé. Comme nous détestons nos congénères béotiens et américanisés eux aussi détestaient le prêtre, le roi, le riche. Eux aussi, préparaient en ces occultes cérémonies les bombes des maléfices. Ils empoisonnaient surtout, détruisaient cependant avec plus d'ampleur, savaient répandre dans les campagnes la poudre qui tue les moissons, ensevelir sous les étables, la charge magique dont les troupeaux dépérissent. Et ils s'en prirent surtout à la tendre race des enfants, celle qui, ne gardant pas les crapauds à refusé l'initiation, décimèrent plus radicalement, plus religieusement que les anarchistes modernes, frappèrent la race avant tout, partout, sachant que, quoique fasse l'Homme, il sera toujours l'Homme, le vil, l'égoïste, le déprédateur du patrimoine d'autrui, la honte du monde, la honte du monde. Cela devenait pour eux un but mystique de débarrasser l'univers de cette lèpre humaine, gagnant la bonne nature, corrompant la Terre faite pour être libre et qui s'avilit d'être l'esclave nourrice. Li leus nous menguënt, Qui nous estranglent et nous tuent. Et s'est si grans mortalités En bours, en villes, en cités Et tout par tout le plat pays Que chascuns en est esbahis ; N'ame n'oy qui ne prophetise Pis pour le peuple et pour l'Eglise, Si que trop serons acroupis ; Quand chascuns dit : « Vous arés pis, A cy doleur et meschëance, Et cy meschief et pestilence », Et qui le porra endurer Ne comment porra on durer ? Certes les .X. plaies d'Egipte Contre ce fu chose petite. Guillaume de Machant (1300-1377) Le livre du voir dit, vv. 5454 - 5470
Submitted by Iron_Wraith — Apr 26, 2025
Je me tenoie rudement Et haoie l'esbatement Et fuioie les compagniez Ou on menoit les bonnes viez ; En riens de moy ne me chaloit, Qu'a mon gré autant me valoit A faire une tresgrant rudesce Com de faire une gentilesce. Amour ne m'amoit ne je li, Ainçois ressambloie a celi Qu'on compere a une viez souche Qui en un grant marés se couche Et qui dou marés si se cuevre Que nulz ne la puet mettre en oeuvre, N'on ne la puet tirer de la Pour l'yaue qui couverte l'a. Guillaume de Machaut (1300-1377) Le livre du voir dit, vv. 839 - 849
Submitted by VladTheImpaler666 — Apr 26, 2025
Seigneur, voici couler le sang de la patrie. J'entends le bruit qu'il fait en tombant sur la terre, Le bruit sourd, en cinq ans de luttes ennemies. De ces gouttes tombant du corps de tant de frères. Seigneur, voici couler le sang de notre race, Sang du combat guerrier, sang des guerres civiles, Sang des foyers noircis que quelque flamme efface, Sang de ceux qu'on fusille aux fossés de nos villes. Seigneur, voici couler le sang de notre terre. Le sang qui a coulé n'est jamais qu'un sang pur, Et le voici mêlé, le sang des adversaires, Figé sur nos pavés comme un verglas plus dur. Seigneur voici couler le sang de nos garçons, Il a tout recouvert la patrie déchirée. Quand verrons-nous jaillir, ô tardive saison, De tout ce sang versé la moisson désirée ? Robert Brasillach, in Poèmes de Fresnes, 1944
Submitted by Celtic Frost — Apr 26, 2025
This short clip is an excerpt of a "radio poem" by French playwright, poet, actor and director Antonin Artaud, who was also one of the first noise artists (1896-1948).
Submitted by Finntroll — Apr 26, 2025
J'dois m'arracher d'la ville Faut que j'évite le bagne Sur l'épaule une batte Une mob entre les pattes J'file droit à la campagne Boum ! Encore un * et j'poignarde... A fond dans la vallée La Vodka avalée C'est direction Valfunde Ma patrie underground Où s'ouvrent le bal fou Les bas-fonds et les founes. Je vous entends esprits d'la Nuit ! Satan vas-y conduis... Très haute et très puissante Famine Arrive à la ferme Aves ses porcs et ses femmes... C'est l'infamie. Squeletor la sort Prête à gicler des M.S.T. Vs'allez chier des têtes de mort Et toutes y rester. Folkfuck folie d'alcoolos sidaïques Feu ! Le top départ dans ton anus Au lit de mort ton terminus. Le foutre tombe, comme la foudre... Vidé j'prends ma sèche pour composer Un nouveau P.N. Beaucoup de haine dans mon gosier Mes riffs puent la géhenne C'est reparti... Famine, Dernier siècle.
Submitted by Cyberwaste — Apr 26, 2025
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