Chroniques de l'insurrection
(<em>Instrumental</em>)
Submitted by Finntroll — Jul 21, 2026
Ils sont venus un beau matin sur la place du marché Ces hommes en bleus qui ne connaissent rien à nos traditions Ils disent que l’ennemi menace aux frontières Qu’il faut partir combattre le Prussien Mais si je quitte mon logis et ma terre Qui donc prendra soin des miens ? Ils se sont répandus dans nos campagnes Ont détruit nos calvaires et pourchassé nos prêtres Le cœur impie, empli de hargne Ils ont profané les sépultures de nos ancêtres Nous lеur avons crié « Rendez-nous notre Diеu » Nous sommes un peuple fidèle et pieux ! Devant vous qui venez ici en conquérants Toujours debout, nous resterons fièrement ! Aux armes ! Voici venu le temps de la rébellion ! Par le fil de nos faulx et la pointe de nos aiguillons ! A l’appel du tocsin qui sonne, les patauds chez eux nous renverrons ! A l’appel du tocsin qui sonne, nous le jurons, nous vaincrons ! Nous connaissons le bocage mieux que quiconque Chaque chemin creux, chaque routin du pays Et malgré leurs fusils, malgré leurs canons A notre cause, tous sont acquis ! Un long cri de triomphe bientôt s’élèvera Et dans les clochers de nos villages Prochainement tintera le carillon de la victoire ! A notre tête, se sont portés nos capitaines de paroisse ! La nouvelle se propage à travers les vallons et les bois ! La cocarde blanche à notre rabalet, nous partons sur les sentiers de la guerre ! Bientôt, nous serons prêts à supporter le Grand Choc ! La cocarde blanche à notre rabalet, nous partons sur les sentiers de la guerre ! Bientôt, nous serons prêts à supporter le Grand Choc ! Aux armes ! Voici venu le temps de la rébellion ! A l’appel du tocsin qui sonne, du tocsin qui sonne !
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
Ils ont tous répondu à notre appel Les voilà réunis sous une même bannière L’écharpe blanche au vent, scapulaire sur le cœur Ils nous entendus, à notre fière clameur ! Vint d’abord Cathelineau, le Saint de l’Anjou Dévoué, brave d’entre les braves au cœur des combats Monsieur de Bonchamps, le plus fin stratège Etait humble et habile, sans ambition, ni prétention aucune Général la Providence, ainsi été nommé d’Elbée Vertueux, éloquent, ses sermons touchaient au plus profond de l’âme Stofflet le garde-chasse, dur, robuste et solide N’avait pas son pareil pour se faire obéir Ils partaient au combat avec l’espoir chevillé au corps… Sans doute savaient-ils, au fond d’eux-mêmes, la cause déjà jouée d’avance Mais ils partaient ainsi, conduits par la foi et l’honneur… Le plus jeune d’entre tous, mais non le moins vaillant Etait la Rochejacquelin, âgé seulement de 20 ans Emergeant du marais, parait le Roi de la Vendée Le général Charette, indépendant, obstiné ! Ils ont tous répondu à notre appel Nous voilà réunis à présent sous une même bannière Sabre au clair, poings levés, dans un commun élan Résonne dans le vent l’écho de leur serment !
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
« - Guêtres aux pieds, pen-bas en main, Où donc vas-tu si bon matin ? Où donc vas-tu, mon Corentin ? - Tous nos gâs ont pris rendez-vous Tihou hou ! Pour aller à la chasse aux Loups ! Tihou hou hou hou hou ! - Pourquoi donc n'as tu pas aux pieds Tes lourds sabots de châtaignier, Mais tes fins et légers souliers ? - Nous aurons à forcer les Loups Tihou hou ! Chaussés de bons souliers à clous ! Tihou hou hou hou hou ! - Souperez-vous donc dans les Bois Qu'à ta boutonnière je vois Ta vieille cuillère de bois ? - Après avoir chassé les loups Tihou hou ! Nous mangerons la soupe aux choux ! Tihou hou hou hou hou ! » -Théodore Botrel-
Submitted by Finntroll — Jul 21, 2026
Une aube nouvelle se lève, sur notre pays révolté Les rayons ardents de l’astre solaire Réchauffent nos cœurs A l’horizon, nos moulins parsèment les collines Portés par notre ferveur, s’avancent nos oriflammes Résonnent nos cantiques, Vexila Regis Du roi les étendards ! Le Sacré-Cœur flamboie en chacun de nous Car nous menons une guerre sainte ! Jamais plus nous ne vivrons à genoux ! Roi glorieux, éclaire notre chemin ! Car mêmе dans les ténèbres les plus noirеs Quand nous errons au plus profond de l’abîme Toujours à tes côtés luit l’espoir, ô toi Christ, notre Seigneur, notre guide ! Nos bons prêtres sont toujours là Soustraits au fanatisme barbare Et c’est sous un ciel constellé d’étoiles Qu’au fond des bois, nous rendons grâce Et tournent les ailes de nos moulins Fièrement dressés, ils nous parlent Ils nous protègent, ces immortels gardiens Dont les messages se lisent dans les pales La Foi porte et arme nos bras, divine est notre fureur ! Du sang de nos ennemis qui coulera, vermeil sera la couleur ! (Mes amis, vos bâtons, vos piques et vos faulx à l’envers font plus de mal à l’ennemi que des fusils ou des canons. Ayez confiance en Dieu ! Les républicains tremblent devant l’ardeur de notre Foi, car ils savent que c’est arme la plus redoutable…) Le Sacré-Cœur flamboie en chacun de nous Car juste et sacré est notre combat ! Jamais plus nous ne vivrons à genoux ! Roi miséricordieux, éclaire notre voie ! Car même dans les ténèbres les plus noires Quand nous errons au plus profond de l’abîme Toujours, à tes côtés, luit l’espoir Et ta lumière nous guide ! Car même dans les ténèbres les plus noires Quand les tourments nous assaillent Toujours, à tes côtés, luit l’espoir Et resplendit la Croix !
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
Devant nous, se dresse la Cité des Ducs Vision superbe défiant les siècles Décision a été prise de marcher sur Nantes Et nous ne pourrons nous permettre l’échec ! Sous ces murs, se sont réunis nos Messieurs Et plus de 30.000 de nos frères Nos drapeaux claquent dans le vent, majestueux Au son de nos veuzes, puissant et clair ! Comme notre printemps auréolé de victoire Cette journée verra maints nouveaux exploits ! Après Angers, Chemillé, Saumur et Thouars Retentit à nouveau « Pour Dieu et le Roi ! » A travers les balles, la mitraille Au-delà des barricades Par les canonnades, la fumée âcre Et le fracas des combats Sous le ciel d’azur du mois de juin Pour l’honneur et pour la liberté Jamais ne s’incline un vendéen ! Ici, s’écrit notre destinée ! C’est le choc, c’est l’assaut furieux Conduit par le vaillant Cathelineau C’est la valse du briquet et de l’épieu Maculés du sang des héros ! Dedans les rues meurtries de Nantes Tel la foudre qui sur terre s’abat Emportés par un fougueux élan Nous chargeons à nos cris « Rembarre ! » A travers les balles, la mitraille Au-delà des barricades Par les canonnades, la fumée âcre Et le fracas des combats Sous le ciel d’azur du mois de juin Pour l’honneur et pour la liberté Jamais ne s’incline un vendéen ! Ici, s’écrit notre destinée ! Rembarre ! Rembarre ! A travers les balles, la mitraille Au-delà des barricades Par les canonnades, la fumée âcre Et le fracas des combats Sous le ciel d’azur du mois de juin De l’Anjou s’est effondré le Saint Ici, notre espoir s’est consumé ! Ici, notre sort fut scellé !
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
Le mois d'octobre est là Et frappe à notre porte Livrant dans sa besace Le vent glacial du Nord Les cieux s’obscurcissent Se couvrant de noirs nuages Comme si déjà nous étaient prédits De funestes présages Poursuivis par l'ennemi Depuis la déroute de Cholet Et notre armée meurtrie Par la perte de nos chefs Le choix nous n'avons plus guère Puisque s’évanouit l'espoir Encerclés sur notre tеrre Nous voici acculés à la Loire… Nous sommes dеs milliers A oser la traversée Par nos corps est ainsi dressée Une irrésistible marée C'est un peuple tout entier Par le malheur ainsi rejeté Qui se porte à l'automne Sur les routes de l'exode La piste se poursuit Dans la nuit la plus profonde Accablés par la faim, la maladie Pourtant, encore nous avançons La Vende est en marche Et se lance avec audace A travers la Bretagne Vers de nouveaux rivages Tombent les hommes dans la ville en flammes Coulent des flots de sang vermillon sur nos lames Sous les coups sans pitié des infâmes Se joue un terrible massacre Aucun secours n'était venu Sur cette rive solitaire Par les vents et les marées battue Où notre espérance se perd Chouans et Vendéens Unis dans la défaite Alors que nous rebroussons chemin Et sonnons la retraite ! Revenus au pays Où reposent nos aïeux Notre lente agonie Résonne comme un adieu Les ténèbres montantes Envahissent l'horizon C'est ainsi que commence De la Mort la moisson Revenus au pays Où reposent nos aïeux Notre lente agonie Résonne comme un adieu Les ténèbres montantes Envahissent l’horizon C’est ainsi que commence De la Mort la moisson
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
(<em>Instrumental</em>)
Submitted by Finntroll — Jul 21, 2026
La Mort marche avec eux Fauchant les vies par centaines Purgeant par le fer et le feu Cette maudite race vendéenne Le pays des brigands Sombre dans la ruine et le néant En l’espace d’un instant De terreur et de démence Les colonnes de Turreau Ravagent chaque village Pas unе borderie, pas un hameau N’échappе à ce carnage Par les tortures, viols et pillages Par la gueule de leurs canons Ils ne laissent dans leur sillage Que malheur et destruction La folie meurtrière est lancée S’abat le glaive vengeur de la République S’écoulent sans fin des torrents ensanglantés Des innocents, vaines sont les suppliques ! Ne subsiste dans ces esprits fanatisés Qu’un seul et terrible mot d’ordre : L’annihilation de ce peuple damné Tombant sous les sabres de la horde ! (Le comité a pris des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle des vendéens) (Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main, ou convaincus de les avoir prises pour se révolter contre leur patrie, seront passés au fil de la baïonnette. On en agira de même avec les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas. Les personnes seulement suspectes ne seront pas plus épargnées. Tous les villages, métairies, bois, genêts et généralement, tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes !) (Il convient de faire de la Vendée un grand cimetière national afin de purger entièrement le sol de la Liberté de cette race maudite) (Il n’y a plus de Vendée ! Citoyens républicains, elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais de Savenay, suivant les ordres que vous m’avez donnés. J’ai écrasé les enfants sous les pieds de mes chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé… Les routes sont semées de cadavres…) La Faucheuse marche avec eux S’éteignent les vies par centaines Au rythme des pas des légions furieuses Conduites par la rage et la haine La Convention l’a martelé Plus rien vivant ne doit rester En cette terre insurgée Qui a osé se rebeller !
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
Les Bleus sont là, le canon gronde Dites les gars, avez-vous peur ? (bis) Nous n'avons qu'une peur au monde C'est d'offenser Notre Seigneur (bis) Vos corps seront jetés à l'onde Vos noms voués au déshonneur (bis) Nous n'avons qu'un honneur au monde C'est l'honneur de Notre Seigneur (bis) Les Bleus chez vous, dansant la ronde Boiront le sang de votre cœur (bis) Nous n’avons qu’un espoir au monde C'est le Cœur de Notre Sеigneur (bis) Allez les gars, lе canon gronde Partez les gars, soyez vainqueurs ! (bis) Nous n'avons qu'une gloire au monde C'est la victoire du Seigneur (bis)
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
Le cri du chat-huant Résonne longuement dans la nuit La pâleur de la lune montante Illumine nos cœurs insoumis Le pas agile et sûr Nous partons aux heures nocturnes Le long des chemins creux Étroits et tortueux On nous disait exterminés Sacrifiés sur l’autel de la Raison Par le fusil et par l’épée Instruments de notre Passion Et pourtant, nous sommes encore là L’âme de la rébellion rôde toujours Décuplant notre ardent courage À la croisée des sentiers et des routes Sous l’égide de nos derniers chefs Marigny, Sapinaud, Stofflet, Charrette La Vendée meurtrie se relève À temps pour l’embuscade ! Voici venu le temps de la dernière danse La danse de la poudre et du fer Alors que point l’aube de la délivrance Au travers du sang et de la poussière Promis au massacre et à l’avilissement Animés par l’esprit de la vengeance Nous offrirons une résistance Un rempart de la dernière chance Le cri du chat-huant Résonne dans la nuit La lueur de la lune montante Éclaire nos cœurs insoumis Le pas agile et sûr Nous partons aux heures nocturnes Par les chemins du pays À la rencontre de l’ennemi…
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
« Pater noster qui es in coelis sanctificetur nomen tuum adveniat regnum tuum fiat voluntas tuas sicut in coelo et in terra. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie et dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debitoribus nostris et ne nos inducas in tentationem sed libera nos a malo Amen » « Ave Maria gratia plena Dominus tecum benedicta tu in muliéribus et benedictus fructus ventris tui Iesus Sancta Maria Mater Dei ora pro nobis peccatoribus nunc et in hora mortis nostrae Amen »
Submitted by Finntroll — Jul 21, 2026
Un dernier regard levé Un dernier défi lancé Nous gardons encore allumée Une lueur dans l’obscurité Rayonne ainsi dans la nuit La flamme de la liberté Ce flambeau que nous tenons levé Et qui éternellement luit Tant d’entre nous se sont battus Et tant d’entre nous sont tombés Partis pour la suprême chevauchée Menée vaillamment au crépuscule Et pourtant portés par la Foi Et conduits par de glorieux héros Nous avons livré le plus noble combat : Celui pour nos idéaux ! Voici l’ultime soulèvement Le manifeste de l’honneur et du sang Voici écrit notre testament Notre héritage pour nos descendants Vous qui avez prêté l’oreille A l’épopée des vaillants bocains Célébrez notre esprit rebelle Et chantez nos refrains ! Enfants du Sacré-Cœur Ne craignez plus l’étreinte mortelle ! Par-delà la peine et la douleur Poindra une aube nouvelle ! Souvenez-vous de notre histoire Et faites ainsi rejaillir l’espoir Pour remporter la dernière victoire La plus belle, celle de la mémoire ! Nous ne regrettons rien Et nous n’oublierons pas Malgré le jour qui s’efface Et notre regard qui s’éteint Du Roi de la Vendée Nôtre avons fait la devise clamée Combattus souvent, battus parfois Mais abattus, jamais !
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
« Le vent souffle sur la lande déserte. La lune s’est enfin levée et vient éclairer de sa lumière blafarde les restes de mon pays en ruines… Ce soir, je ne dors pas. Mes nuits sont peuplées de cauchemars et des spectres de ceux partis trop tôt… Notre rêve a vécu, notre rêve n’est plus et s’éteint doucement avec nous, comme le feu dans l’âtre à l’heure de la dernière veillée… Et pourtant, il faut vivre, vivre et se souvenir. Se souvenir de notre épopée. Se souvenir de l’idéal pour lequel nous nous sommes battus. Se souvenir enfin de ceux, bien trop nombreux, qui ne reviendront plus… Un jour, nous rebâtirons ce pays. Nous nous relèverons, car nous sommes une race de géants. Nous sommes immortels et jamais nous n’oublierons, Car le pardon n’est pas l’oubli… »
Submitted by Finntroll — Jul 21, 2026