Ode aux années froides
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Le soleil lentement se meurt, Laissant place au mystère de l'obscurité. La douce lueur lunaire se pose, Peu à peu, sur notre peau si jeune, Pénètre et ronge notre âme, Comme le temps consume le corps. Alors que l'humanité se plonge dans un profond repos, Alors que le rêve remplace leur misérable réalité, Un léger grincement provenant d'une porte de fer, Usée par le temps et les larmes de ceux qui l'ont touchée, Déchira de son doux son L’atmosphère mystique qui règne en ce lieu sacré. Les amants sont là, Leurs pas souillent à nouveau votre saint gravier, Leurs corps drapés de noir, au reflet de leurs âmes. Dans la forêt de pierre et de marbre, Aux chemins de larmes et de regrets, Le temps défile au rythme de nos pas, Avançant à travers ce qui fut. Les visages souriants des chers regrettés, A jamais dans le marbre resteront figés. Un portrait se découvre à nos yeux... Est-ce que l'enchainé aura son reflet? Encore hier une pluie de tristesse, S’abattait encore sur la pierre du souvenir. La chaine de ciment cèdera encore, Devant mon cœur gonflé de désir. Un bruit sourd tonna, Retentissant dans le silence de la nuit, Déchirant à jamais, La solitude du repos éternel. Une douce chaleur s'évade lentement de la demeure, Nous laissant présager que le nouveau venu, depuis peu à enfin rejoint sur qui il pleura autrefois, Pour la grande danse des éternelles âmes errantes. Dans la chaleur et la noirceur de ce gouffre de sommeil Une bougie prit naissance, Laissant apparaitre de magnifiques robes de bois, Toutes ornées de la croix. Navire immobile vers d'autre lieux s’élève. Le silence laissa place au craquement du bois Cédant sous tant de désir, Se cassant lamentablement, Comme s'il faisait semblant de ne pas vouloir Livrer tant de beauté, Ce grand trésor, gardien du secret. Seul le linceul à présent de préserver La flamme qui brule en moi de la saveur de ses lèvres. Sensuellement mes mains caressèrent son corps, Légèrement recouvert d'humidité acide. Mes lèvres tremblantes goûtèrent à ta fraicheur, Que la chaleur de mon amour te pénètre à jamais. Les bougies autour de nous accomplissent leur dernière danse. Que cesse le charnel pour s'adonner à l'éternel, C'est avec amour que je t'offre mon sang. Bois profondément de ma vie, que je puisse connaitre Les profondeurs oubliées de la rivière du souvenir, Grande gardienne des secrets du passé. L'hostie noire triangulaire de chair et de sang, M'ouvra les portes de souffrance du temple de lumière. Je gouta aux délices de l'eau de la connaissance, Voyageant à présent dans la lumière de vérité. Mon âme à jamais condamnée derrière le miroir, Attendant la fin d'un cycle, la libération du corps. Que la lueur de cette chandelle illumine mon chemin, Que la saveur de ce corps guide mon destin. Déesse de la nuit je t'implore soit mon guide, Qu'il me soit donné de percer les voiles du passé, Que la voix du fidèle s’élève dans la nuit. Exauce ô ma reine, ma modeste requête.
Submitted by Grave666 — Jun 22, 2026
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O toi, le plus savant et le plus beau des Anges, Dieu trahi par le sort et privé de louanges, O Satan, prends pitié de ma longue misère! O Prince de l'exil, à qui l'on a fait tort Et qui, vaincu, toujours te redresses plus fort, O Satan, prends pitié de ma longue misère! Toi qui sais tout, grand roi des choses souterraines, Guérisseur familier des angoisses humaines, O Satan, prends pitié de ma longue misère! Toi qui, même aux lépreux, aux parias maudits, Enseignes par l'amour le goût du Paradis, O Satan, prends pitié de ma longue misère! O Satan, prends pitié de ma longue misère! O Satan, prends pitié de ma longue misère! O Satan, prends pitié de ma longue misère! O Satan, prends pitié de ma longue misère! Gloire et louange à toi, Satan, dans les hauteurs Du Ciel, où tu régnas, et dans les profondeurs De l'Enfer, où, vaincu, tu rêves en silence! Fais que mon âme un jour, sous l'Arbre de Science, Près de toi se repose, à l'heure où sur ton front Comme un Temple nouveau ses rameaux s'épandront! O toi qui de la Mort, ta vieille et forte amante, Engendras l'Espérance, - une folle charmante! Toi qui fais au proscrit ce regard calme et haut Qui damne tout un peuple autour d'un échafaud. Toi qui sais en quels coins des terres envieuses Le Dieu jaloux cacha les pierres précieuses, Toi dont l'oeil clair connaît les profonds arsenaux Où dort enseveli le peuple des métaux, Toi dont la large main cache les précipices Au somnambule errant au bord des édifices, Toi qui, magiquement, assouplis les vieux os De l'ivrogne attardé foulé par les chevaux, Toi qui, pour consoler l'homme frêle qui souffre, Nous appris à mêler le salpêtre et le soufre, Toi qui poses ta marque, ô complice subtil, Sur le front du Crésus impitoyable et vil, Toi qui mets dans les yeux et dans le coeur des filles Le culte de la plaie et l'amour des guenilles, Bâton des exilés, lampe des inventeurs, Confesseur des pendus et des conspirateurs, Père adoptif de ceux qu'en sa noire colère Du paradis terrestre a chassés Dieu le Père, Père adoptif de ceux qu'en sa noire colère Du paradis terrestre a chassés Dieu le Père.
Submitted by Grave666 — Jun 22, 2026
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