Orakle
Album • 2015
Seul ipse. Ici-bas Lieu d'absurdes limites Qu'aucun ciel n'ouvrira ? Plaies béantes - vaines histoires Nous ce va-et-vient Convulsions d'un mourant Perdues dans l'écume du rien Nos râles, suintant de bouches tordues Méprisant d'être grains de sable Dans le désert d'une vie Alors nous supplions... Quelles sont les phases où nous ne jouons pas ? Sinon celle de nos plus hautes solitudes ! Perchés sur les monts de nos joies les plus intenses Jetés au fond des gouffres de nos pires souffrances Toujours vivants. Désespérément seuls
Submitted by Warbringer — Apr 25, 2025
Hasard craché d'une nuit sans fond L'aléa que je suis - fragile, isolé, discontinu Le fragment brisé d'une impossible totalité Tremblant, nu - je réclame l'être et le sens Mais ne discerne que le néant qui m'en sépare Entre toi et moi - l'infranchissable distance La fêlure initiale, étouffant nos voix Quand elles voudraient percer le silence Et c'est là, dans l'inanité des "choses" Que nous ambitionnons de fixer le monde Au prix d'une existence close Étrangère au flot qui l'emporte Ce que le temps ici rassemble Plus loin se décompose L'instant lui-même se dévore Horrifié de son insuffisance Chaque être fini se dérobe Mais n'existe toujours que blessé à mort Tu croyais vaincre Mais le trou était ta chance T'apaiser ? Pauvre ipse ! C'est l'angoisse te déchirant Qui pouvait révéler ta présence Nos solitudes se nouent en un désastre commun Le magma où se dissipent nos termes Voués aux mouvements de l'anéantissement Impossible communion du vivant ! Ce n'est que brisé, déjouant mon unité Qu'un miracle enfin le soustrait Au supplice de l'incomplet... Un homme livré au flot qui l'emporte Brèches ouvertes ou ligatures Se fermant sur l'artère du monde Nos sanctuaires Ne sont ces lieux consolants Mais les creusets D'un glorieux débordement
Submitted by Grave666 — Apr 25, 2025
Si tragique est l'absence Horrifiante, la nuit des choses Des lambeaux d'impuissance Que nos raisons recomposent Pour insuffler un fond dans l'abîme des corps La consolation d'un ordre où plus rien ne s'ignore Et pourtant... Les yeux clos et les langues coupées Me disent mieux le monde que tous les je sais Par le réel - sans cesse excédés Si profonde est en nous l'inconsistance - l'homme ? Où l'oeil éclaire l'objet, les ombres se font denses Sans vérité dernière, c'est l'effondrement L'effondrement de ce qui pense Un désert de nos-sens... Quand face à nos supplications Un silence impossible répond Plus loin pénètrent nos expériences Une fois tombés, sans connaissance Hors des fictions du Logos Ma misérable révélation... Voulant saisir, je voilais ma condition ! Figure de l'abandon, inapte à nommer L'inconnu où la pensée ne peut s'aventurer L'informe où nos discours se perdent Il n'est point de salut, ni d'appui Naviguant dans l'insaisissable Mon naufrage dans l'énigme existentielle
Submitted by Cyberwaste — Apr 25, 2025
Ô nuit de l'âme. Puits de non-savoir Je t'accueille en moi sans prétendre Définir ce que TU es ! Du vide, un baiser - faut d'Altérité Ma perdition dans l'indéterminé Ô scotome de l'entendement Aveugle reflet de toute immensité Je m'abîme en toi sans comprendre Dans la grâce d'un je ne sais... Le fond de l'existence S'évanouit dans la nuit des choses Ces lambeaux de conscience Le noir inconnu les expose Ne retiens pas ce cri Où ta vie se condense Nihil incognitum ! Nihil incognitum !
Submitted by NecroGod — Apr 25, 2025
Calme, attentif - insouciant Je récolte et collectionne les instants Sans prévoir ni fantasmer L'avancée du temps Je contemple, me nourrit Du présent jaillissement "Étincelant et si frais Brille ce jeune croissant de lune Car haut dans le ciel Les vertus du cycle Me traversent une à une" Hostile et vain mon espoir en cet instant Jouit pourtant d'un nouvel élan Qu'une si douce lumière Sur les cimes de posant Puisse enfin apaiser la misère Que les belles parures de créent ! Que la séduction opère... Oh indicible extase ! Qui le temps d'une phase Bouleverse nos rivages Que mon visage hagard maintienne l'écart Quand le traverse l'image d'affects qui défilent en moi Font de mon existence un perpétuel émoi Par le sublime se dissout Notre individualité Dans l'océan apaisé De la cosmique volonté Si la vérité m'entraîne M'aspire vers les profondeurs Là où la vie nue Dévoilée, est terreur Si la pure probité N'a fait qu'accroître mon malheur Je ne dois désormais Ma survie qu'à l'erreur... Jeu de la nature et des sens Gais et légers pas de danse Sur le fil des frêles apparences... Mais où allez-vous donc chercher le fantastique ? Pauvres fous... Alors qu'il trône Et rayonne devant vous ! Sortez de vos villes et de vos tanières Donnez-vous les moyens de l'étonnement Et de pouvoir vous taire Peut-être alors retrouverez-vous Le sens de la Terre
Submitted by NecroLord — Apr 25, 2025
Hantes-tu les lumières, agitant ton idéal ? Héraut de cimes arbitraires, où aucune joie ne se tolère Craindras-tu les rieurs et leurs traits de foudre ? Fêlant tes cieux et leur absurde pesanteur Éclate, ô rire - place au néant de toute idole Où il n'est d'absolu dont les digues ne s'étiolent Tel un Chrysippe fauché par la marée folle L'éclipse d'un être qui divinement s'ignore Éclate, ô rire - décharge nos croix En proie au pire, allèges-en le drame Réduis chaque horreur à la pure insignifiance Le temps d'une ivresse, d'un corps en suspens Dont les secousses reversent ! À la vue de ses entailles Ton colosse de paille s'est écroulé, en flammes C'est le vide sous tes pas - Et moi, j'en ai ri aux éclats Paré d'une couronne de roses C'est à la ruine des hauteurs que je t'expose... Qu'une fête consume toutes les têtes ! Le sens que tu réclamais L'assise d'un monde - des sommets à gravir Au bout du possible... Dieu Dissous dans un chapelet de rires Nier jusqu'au Très-Haut Vaciller, radieux - et devenir ce champ de mines Où les transcendances explosent J'ai versé tous les rires de mon corps Devant l'absurdité de ce qui enfle J'ai dispersé mes éclats - c'est le vide sous mes pas
Submitted by johnmansley — Apr 25, 2025
Les rides qui sculptent ton front Sont le fait de l'ignorance du bouffon Celui qui au fond de toi sommeille Te le cacher, on tente... On a tenté ! Telle est pourtant ta condition Puisqu'il s'agit maintenant de descendre Et que plus rien ni personne ne me montre Comment m'y prendre - sur les marchés loupées À coup sûr, mon crâne ira se fendre, mais... Apologie de l'échec ! Au bout des luttes pointe l'esthète Chancelant, ironisant sur sa pauvre quête "Allez, vas-y prends-là ! Ne vois-tu pas qu'elle n'attend que ça ? La rose entre tes doigts Ne pique et ne séduit que toi !" Les filles agitations de l'amour M'échappent et m'ont laissé Immobile - humilié ! Mais tirant de mon ridicule Un plaisir ritualisé Espoir risible Porté au bout d'un coup de queue Les vers, eux aussi, croient au bonheur Le temps d'un coït trompeur... N'être qu'un bouffon existentiel Joyeusement se cramer les ailes Je dégringole mais ris devant la foule folle Enfle la rumeur, je fuis et m'envole Sans équilibre m'écrase au sol ! Une lutte, un bel effort que l'existence Oui certes ! Mais y. Combat perdu d'avance Une comédie esseulée, qui tant de fois Trop de fois m'a fait tomber Ridicule mais en beauté je me suis relevé Mon anus psychique trop irrité Rouge de trahisons répétées Naître en bouffon existentiel Joyeusement, joyeusement Se cramer les ailes Bouffon existentiel Et si nous décidions de danser Sur les monts tragiques de l'existence Comme ces êtres dont les illusions N'ont maintenant plus de sens Nous serions légers, rieurs - si beaux à terre Un bouffon que la succession des chutes Ne touche guère Rions-nous du sérieux Aux oubliettes jetons-le Telle est notre unique chance Car vivre est un combat Perdu d'avance
Submitted by Morgoth — Apr 25, 2025
Sens-tu seulement ce qui vibre et t'anime ? C'est la corde de l'Être traversant Et reliant ce que le temps fait naître Puis-je seulement m'interroger Sur la validité d'une arrogance Qui place le non-humain Sous les traits d'une moindre existence ? Mais la raison se dresse et trace ses contours Là où émanent de l'Être la poussée vitale Le lignage et l'unité Le vouloir objective est une toile Dont les larmes ne trompent pas l'oeil Mais trempent les peines Sous tout phénomène La même souffrance règne Car partout dans ce qui est La volonté aveugle est reine Car je fus et je suis cet enfant qui naît Animal souffrant, luttant sans effet Je fus et je fuis cet orgueil humain Éteint à jamais Mon regard sur l'Être au monde S'associe au clair discernement D'une sensibilité profonde La fibre universelle gronde Souffle de la matière Corps reliés dans la ronde Oh ma grande pitié ! Qu'il est nécessaire De "pâtir avec" Car soyons lucides Le monde est un échec Traquer l'orgueil humain Lui donner tort Ce que je ne tue pas me rend plus fort Oh ma grande ambiguïté ! Sentiment premier Sensation cardinale Provenant du cocon initial Sens-tu seulement ce qui vibre et t'anime ? S'extrapolent les repères Issus des affects primaires Identification de la chair Bien qu'un toréador mort Ait tout pour me plaire À terre, à terre, l'humanisme vulgaire Que le père de Zarathoustra finisse Sanglotant au cou d'un cheval battu Serait-ce la plus belle image Offerte à la vue ? Sous terre, sous terre Un peu plus proche des vers Humanisme vulgaire
Submitted by Celtic Frost — Apr 25, 2025
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