Sidera
Tu retrouveras la voix Du sang écoulé de la fêlure des anges, Des poisons et des cataclysmes inversés Dans l’averse du feu. Réunis dans la danse abrasive De l’alchimie du désespoir. Tu retrouveras les ailes du courage. Tu renverseras la fuite des constellations recluses Les yeux ouverts à nouveau dans la pâleur de ta dévotion. Dans l’aigreur euphorique des os et de la chair. Tes mots sanctifiés Dans l’expiation des restes d’un ciel malade. Tu retrouveras la voix Au trône millénaire du deuil. Où les fleurs de l’exil dessinent dans les mystères insolubles Une tombe parfaite. Les couleurs vives des carcasses effondrées Aux bras d’un amour despotique, Accrochées en mémoire sur des cieux évanouis. Le trait brisé d’une beauté imaginaire Et des masques inutiles. Tu retrouveras la voix et la dureté du monde. Je t’arracherai à chaque brasier À chaque désert et aux fissures de ta peau. J’exhumerai les morceaux consumés de ton âme, Les perles refoulées de tes entrailles Sur l’autel noir du temps. Je te jetterai dans la poussière de tes illusions Et de ton coeur crevé. Je serai l’élégie de ta descente Le manuscrit de ta chute Et les mille vertiges. Le pilier et l’ancre de tes résurrections. Lorsque tu inspireras le chant de ta mort Je te murmurerai les louanges du sacrifice Et des tragédies multiples.
Submitted by Infernal Flame — Jun 22, 2026
Et pourtant, Envahit d’ultimes fièvres Et fracassé de vomissements profonds, Tu craches toujours, Sur la laideur de la terre et l’indécence du ciel Le reflux messianique. Le ressac d’une étreinte inévitable. Le présage et l’histoire de la souffrance. Et tu pleures encore la rupture de tes mirages. Les cendres de tes paradis Déposées sur le miroir infranchissable de ta faiblesse. J’attendrai que tu te penches au fond du monde Et cesses de ramper dans les astres morts Qui recouvrent l’océan gris du temps. Que ne reste plus dans tes yeux que la mémoire seule du feu. L’extase et l’instant de grâce Où j’irai saisir la démesure de ta détresse Comme le fruit inconscient de nos vagues retrouvailles. Pour allumer l’avenir Et vivre dans ta rage. Et aux creux du hasard de tes catastrophes, Dans les lumières volatiles d’un amour sans mots Et sans nom Je tisserai à partir des morceaux du ciel des arbres invisibles, En tordant le langage de la nuit Et le sens de tes étoiles. Tapissant le néant de filets de rayons Je ferai du poids du sang des sanctuaires Bien plus vastes que ton impuissance. Des faisceaux de ta douleur Je reconstruirai des soleils qui tremblent Sans raison.
Submitted by Infernal Flame — Jun 22, 2026
Et alors, Je porterai en croix Les écumes des nuits Où nous nous serons oubliés. Je garderai Les secondes acides Aux lames de honte. Et dans tes yeux Les rêves rongés, de poussières Et de déserts essoufflés. J’attendrai patiemment Les fleurs recueillies À l’oraison des famines et des noyades. Je dessinerai dans tes vomissures Le vaste des vagues Et la déification des étoiles. Couronnée de brûlures vives Et de lumières éreintées. Déformerai ton coeur à nouveau, D’éclairs sauvages. Je te ferai sourire des lambeaux de ta chair Et des rages éternelles. Inlassablement. Je porterai le voile Des aurores égarées. Des blessures invisibles. Je me réjouirai du sang qui coule De tes plaies et dans tes veines. J’abreuverai L’horreur qui respire dans tes ombres Et le murmure grandissant des flammes. Je veillerai au sens de tes hurlements, À l’immensité de ta peine. De l’usure de ta voix J’écrirai des jardins affamés. Je te tendrai d’une main les auréoles de la perdition Et les voies lactées des nouvelles morts.
Submitted by Infernal Flame — Jun 22, 2026
Tu auras perdu la laideur des hommes Dans la communion de nos peines. Tu auras perdu la trace du vide Et les formes du vice. Les frontières lacérées de la cruauté et de la peur, Les paysages obscurs du désarroi. Tu auras perdu la soif, La langue aride des amours abandonnées. Et l’amertume aiguë qui traine dans les fosses du regret. En toi, dans la dissolution des ombres, Ne résonneront encore que la pureté de l’absolution Et l’incendie du dévouement. Et ton visage chaviré Dans l’allure pauvre de l’élégance. Soulevé dans les vastes feux de Dieu, Éventré de brûlures et de lumières. Car il faut pour être libre Enlacer ses entraves et ses cassures. L’âme et le regard droits. Perçant les temps déchirés, Avec la langue et les armes du ciel. Suspendu dans les vertiges incalculables D’un amour absolu. Pour sortir par les blessures du monde. À la clarté de nos morts. Dans les secousses du renouveau. Et puisque que tu souhaites parler brillamment De ton coeur et de ses gouffres, mon frère. Je t’aimerai, dans la profondeur de nos déchirures Et la douleur partagée de l’illumination, Et nous serons de ceux qui scandent ces flambeaux infinis. Jusqu’en dehors du ciel. Entre les écueils blancs du temps. Notre dernier linceul. Au bout du souffle de nos vies. Et dans la trace de nos coeurs aveugles. Empoisonnés des foudres de l’éternité, Le séisme dans la voix. Hurlant la destruction comme on chante les anges. Tout autour il n’y a que des flammes immenses.
Submitted by Infernal Flame — Jun 22, 2026
Au-dessus. Je te parlerai de la grandeur de la tristesse. Des mots évadés À la naissance d’un ciel nouveau. Des tendresses perdues Et des étoiles tombées. Dans la beauté et la ruine Aux bras des vagues de nos violences Dans la douleur de nos orages, ensevelies. Et recueillies parfois, Dans les mains du coeur et de ses gouffres Dans la voie de nos lumières. Et au creux de la fragilité de ton équilibre. Je te parlerai des jours qui meurent Dans l’essor de nos voix, De l’éclat tragique de nos mots fusionnés Comme des fleuves irréversibles. Nos rages à contre-sens, Et nos peines traversées Par la destruction conjointe. Nous serons Un instant Seuls. Pour tordre le récit de nos blessures Et la brutalité de l’amour, Je te parlerai des ténèbres, à l’envers.
Submitted by Infernal Flame — Jun 22, 2026