Armor
Effluve accrue au creux du lit Du fleuve en crue, je me languis Lape une eau claire au bain fleuri Étreins ses flancs dès qu'elle frémit Bougre de bourge à l'air retors Sème le vent et moi les spores Tiens fort la barre, je monte à bord Et te ferai labour à mort Du flux âcre aux abysses roses La houle tout mon membre arrose Et le soufflе fouette les toilеs Râle obscène, chant de sirène Résonne quand pulse ma veine À m'en hérisser tous les poils!
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
Un réveil, seul encore en vie Dans une salle peu commune Aux murs couverts des armoiries Des pays sans couleur aucune Contre le sol au goût salé Des coprophages la tribune Société sale à satiété Blottie dans la fosse commune Génocidée par mon génie? Je n'étais que, pour ma survie De ton pistil l'humble bourdon De tes épanchements le drain De toutes tes brèches le joint Dе ton goulot le fier bouchon Monolithe d'un tеrrain vague Sur lequel n'oses t'adosser Chienne longeant les barbelés M'asservissant en ton goulag Au pantin à son effigie Un feu comme elle-seule en vit! Brasier de ma stase nerveuse Le tison câline à foison Comme le baiser du chardon Du chaton, la langue râpeuse Devenu pèlerin belliqueux M'est apparu sur la lagune Le saint patron de la rancune Qui m'a dit: «je t'exhausse un vœu» J'avais comme une sale envie
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
Bouille de neige et de mystères Aux mirettes couleur de prune Sans-voix lactée qu'éclaboussèrent Quelques gènes d'étoiles brunes Alors que je nous imagine Au bois où les humus et mousses S'émoustillent sous la pluie fine Et la pesante Lune rousse Dans ce torrent aux reflets cuivres Je plonge une main clandestine Carеsse l'automne où s'enivrе Plus bas ta gorge blanche hermine Alors que je nous imagine Au bois où les humus et mousses S'émoustillent sous la pluie fine Et la pesante Lune rousse Me taquinent ces éclats d'ambre Et ces parfums que je divine Se disperser quand tu te cambres Puis te rétractes sous l'épine
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
Enfants du pluie plus que de putes Sous la rosée effarouchés Ressuscitant de leur nuitée La papille et le crin hirsutes Ça, ma boutanche qui s'épanche! Une loche à même le corps! Le cul terreux, comme un pécore Né des feuilles en avalanches Plie les gaules, roule et enrôle Et racole dès que ça miaule Quand le grain fait ployer lе saule Toujours l'alcool pleut en Paimpol! Aux lеndemains hypothétiques Entre Danube et mer Baltique! Et toi l'ami, fardeau d'un soir Demain portera mon brancard Vieux cons du vieux continent Sous un ciel d'étoiles d'anis Marions pivo-slivovice Pour mieux reprendre le volant Placide et froid comme un hibou Abandonné jusqu'à trop tard Mes yeux, brûlés par quelques phares Creusent leur tombe dans mes joues
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
Là où nous étions les rois Du temps s'est abattu le voile Oui, là où nous étions les rois Se sont résorbées les étoiles Dans une nuit d'où ne reluit Plus un sourire, plus une goutte Qui ne berce plus aucun cri Là où les souvenirs me coûtent Où nous étions frères, je crois La bière ne se laiss' plus boire Le long de ce bon vieux trottoir Qui ne tolère plus mes pas Jusqu'à la lisière du bois Dont le sol draina nos urines Et où, perchés sur une ruine Braillions à s'en rompre la voix À en faire pâlir les corbeaux À leur en décoller les plumes Et nous tenions tête à la Lune Qui capitulerait bientôt! Là où nous étions les rois Danse où se mêlent dans le froid Embruns et grains incandescents Fluctue aux accords innocents D'une jeunesse qui échoit La guitare taillait nos doigts La vallée, léchée par le vent S'offrait dans un râle indécent Là où nous étions les rois
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
Ovation sur la scène De ta chair le rideau S'ouvreau sur un Éden Corps de sueur perlé Que je bats, indocile De tes hanches graciles Se décolle une ondée Consacré sur la scène De la candeur, m'égare De rêve en abdomen Siècle qui nous réclame Sentence sans appel Tel une pluie de sel A desséché les âmes Putain parmi les putes J'enfonce dans la fange Où s'étreignent les brutes Et se saignent les anges
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
Nous étions une paire d'âmes Le père et sa dame Silence de mise, en éclaireuse éclairée S'élançant dans des nuées De prédateurs et de proies en suspens Pour nous déstructurer au mordant de la bruine Une dernière fois s'inonder de malice En ces bois dont les jeux ancestraux de racines Rident le marigot comme autant de varices Échassier d'émail pâle amorçant la descente Loin des monts de jeunesse aux sommets d'anarchies Je t'emboîte le pas, ta langue véhémente Et maintenant tes flancs d'ineffable inertie Sangsues et taons nous tètent et je tête le temps Ne comptant plus les champs, les landes, les hectares D'aventures franchis, d'où mes espoirs nourris Dans ton ventre d'opale expulsent leur nectar De ton être ne subsiste qu'un bijou nacré Voguant sur la marée noire Alors que nos muscles battent ensembles Ton asphyxie et ma délivrance
Submitted by SerpentEve — Jun 16, 2026
No lyrics have been submitted for this track yet.