Euch'Mau Noir
(<em>Instrumental</em>)
Submitted by Celtic Frost — Jul 05, 2026
Aux chevaux laborieux de la mine, Qui descendirent dans les veines, en martyr; Souvenirs lointains des lumières du jour. Dans leurs yeux, noircis comme des galeries, S’acharne sans merci, la fièvre du puits; Et les muscles gorgés par le travail, Et atrophiés de fatigue à battre le rail. Tirer les berlines de soufre, jusqu’à l’accrochage, Tirer, jusqu’à ton dernier souffle, Toujours augmenter ta charge. Leurs sabots se cassent, comme les murs qu’on incise; Ta besogne stigmate du Nord de France, d’une industrie. Que ta fin t’apaise à la surface, Au soleil auquel ta vue s’efface, Disloqué par l’anthracite tirée en masse, Tu n’étais qu’un outil de plus, une pelle, un pic, une masse. Dans les tréfonds, les abîmes, S’abîment les âmes qui y puisent, La houille, la tourbe, le lignite, Des compagnies de Lens à la Belgique ! Aux chevaux laborieux de la mine, Qui descendirent dans les veines, en martyr; Souvenirs lointains des lumières du jour. Dans leurs yeux noircis comme des galeries, S’acharne sans merci la fièvre du puits, La silicose qui emporte, tout soupçon de vie.
Submitted by Celtic Frost — Jul 05, 2026
Le 10 mars 1906, dans la ville de Courrière; Près de 1000 vies périrent, sous le poids de la noire terre. Des mineurs, des fils, des pères, Qu’un coup de poussier laissa sans air; Et l’cœur grisouteux des familles, En galerie, s’effondra plein de suie. Mineurs ! Galibots ! Virent s’échapper du carreau; Les feux et les flammes; De la fournaise de Sallaumines, Aux limbes de Billy-Montigny ! Le Nord ! Au chevet des pauvres âmes, Des décharnés et des femmes, Assujettis au même drame; Courrière ! En larmes; Courrière ! En rage ! Seulement treize en remontèrent, Un miracle aux portes de l’Enfer, Après 24 jours sous Courrière, Un quatorzième sorti de terre. La peine engendre la colère, Les voix s'élevèrent à Courrière; La fosse commune enneigée, Par les cris et les huées. Vive la grève ! Vive la révolution; Vive la grève ! Mort au patron. Là-dessous ils crèvent, On les entends des corons; Grévistes en cortège, Et cortège sans patron. Mineurs ! Galibots ! Virent s’échapper du carreau, Les hommes et les âmes. Les peaux, lambeaux, de vie et de chair, Au sang noirâtre, qui nourrit la terre; Les bras, les jambes, détachés des corps, Et tâchent, le soleil, souillé du Nord. Mineurs ! Galibots ! Virent s’échapper du carreau, Le soufre de ces âmes, Incandescent tunnel, Qui de son long brûla, Les travailleurs du Courrière industriel.
Submitted by Celtic Frost — Jul 05, 2026
Sainte-Barbe - Patronne; Sainte-Barbe - Des mineurs; Sainte-Barbe - Protège; Sainte-Barbe - Du grisou; Sainte-Barbe - On te fête; Sainte-Barbe - On te loue; Sainte-Barbe - Dans les bals; Sainte-Barbe - Dans les houillères Bithynie, pays de Barbe jeune fille; Rebelle de foi et dévouée au Christ. Au mariage elle n’aura consenti; Devant son tyran père, elle s'enfuit; Et abjurant sa foi, du Père du Fils; Elle subira d’infernaux supplices. Sainte Barbe On te loue dans les bals et dans les fêtes; Dans nos prières, dans les houillères, dans nos chaumières; Préserve du grisou et des flammes noires et cruelles; Les 4 décembre tu descends dans nos tunnels. Barbara, baptisée dans le secret; Dans sa tour se meurt, à la lueur des flammes, à la flamme de ses pleurs; Femme defiant l’incandescente crédulité; Comme à la lanterne qui s’étouffe dans les veines obscures, de l’absurdité. Son cou devra rompre sous le poids du sort; L’éclairage surgit, l’éclat sublime son corps. On te loue dans les bals et dans les fêtes; Dans nos prières, dans les houillères, dans nos chaumières; Préserve du grisou et des flammes noires et cruelles; Les 4 décembre tu descends dans nos tunnels. Sainte-Barbe douce patronne, Implorant ton secours; Quand la mine tonne, Veille sur nous, toujours.
Submitted by Celtic Frost — Jul 05, 2026
Dévaler dans les immondes entrailles de la terre, Comme une ondoyante chute de soufre; Le fracas des ferrailles de fange, Et le courroux de la cage; Dévaler les veines silicosées du Nord, D’une France de labeur, À racler dans crevaces nerveuses le charbon, Qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs. La chute d’un monde où le temps semble tourner fou; Le jour s’éloigne ce sont des journées là dessous; Fier sifflet oxyde les corps, comme le vent oxyde le temps, Même au cœur du Nord, nous en manquons tant. Larguer pour ponctuer, La France de souffrance; Le peuple premier, À subir les offenses; Caché dans la terre, Pour y devenir poussière; Désastreux Nord, Saccagé de toute part, Devra se relever, Par l’aide de toute part. De tout le Nord Pas-De-Calais, La main-d'œuvre est décimée. Hommes et femmes et immigrés, Marocains aux polonais, Pour la France se relever ! Le bassin minier sort de la guerre en ruine, Et cette pluie de cendre qui s’abat sur nos villes, Colore la peau des guerriers des mines, Et saigneront pareil, peu importe l’origine. Dévaler dans les immondes entrailles de la terre, Comme une ondoyante chute de soufre; Le fracas des ferrailles de fange et le courroux de la cage; Dévaler dans les veines silicosées du Nord, D’une France de labeur; À racler dans crevasses nerveuses le charbon, Qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs. La main d’œuvre est décimée, Marocains aux Polonais, Pour la France se relever !
Submitted by Celtic Frost — Jul 05, 2026
De Saint-Vaast à Anzin, Les corons prenaient place, Abritaient en leur sein, Les familles des gueules noires, De Wallers à Denain, Dans les lettres de Zola, Le mineur et sa baraque, Un bout de terre un peu étroite. Au nord, c’était les corons. Égarés, sur ces pavés, À battre le ch’Mau; La noirceur, du village, Et ses horizons. Au Nord, Ce sont nos aïeux, Qui vivent et vivaient, Dans les chansons de Bachelet. Le plat pays d’où l’on vient, Celui de nos anciens, C’est le Nord de Carpeaux, C’est le Nord de Germinal ! Par le sang qui nourrit la terre, Ont fleurit nos villes; Et dans nos petites houillères, Subsistent encore des traces de leur vie. À ceux qui ont donné leur vie, Pour le Pays Noir; Industriel, ravagé, Luttant malgré le désespoir. La terre de ch’Mau; Où le ciel pèse lourd, Sur l’horizon infernal, Aux profondeurs abyssales. Les repères s’égarent et les compas ont tort, La boussole se perd, Où sont les rivages d’or ? Terre d’euch Mau Au Nord, Ce sont nos aïeux, Qui vivent et vivaient, Dans les chansons de Bachelet. Le plat pays d’où l’on vient, Celui de nos anciens; C’est le Nord de Carpeaux, C’est le Nord de Germinal ! Par le sang qui nourrit la terre, Ont fleurit nos villes; Et dans nos petites houillères, Subsistent encore des traces de leur vie. À ceux qui ont donné leur vie pour le Pays Noir, Industriel, ravagé, Luttant malgré le désespoir. Dans les hivers de glace, les étés de bruine, Le Malin y a fait son trou ! Égarés, sur ces pavés, À battre le ch’Mau; La noirceur, du village, Et ses horizons. La terre de ch’Mau, Où le ciel pèse lourd, Sur l’horizon infernal, Aux profondeurs abyssales. Les repères s’égarent et les compas ont tort, La boussole se perd, où sont les rivages d’or ?
Submitted by Celtic Frost — Jul 05, 2026