Catabase
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Fruit défendu d'une terre en perdition Tombé à la racine d'un coron Dans son sanctuaire hanté par des yeux sombres Qui attisent le mal dans son cocon Serpente entre les colonnes fracassées D'un temple que les dieux ont oublié Les bas instincts ainsi pourrissaient L'esprit candide de Jeanlin l'estropié Qui pillait - qui brûlait - qui tuait. Dans son antre - sous le monde. Pandémonium, son Paradis perdu Dans lequel trône le Galibot Perdu Dans son Royaume, sans Dieu ni ciel Roi sans couronne, le Galibot perdu Bercé par des ombres de la noirceur du Nord Élevé dans les décombres que la folie dévore Qui fait fleurir la cendre Sur ses lèvres et jusqu'aux veines Où l'tiot Maheu s'en va descendre Dans sa crypte carbonifere Un tyran sans âge que même la terre a recraché Qui brise l'auréole de sage Sur son visage noir et souillé Dans son antre - sous le monde. Pandémonium, son Paradis perdu Dans lequel trône le Galibot perdu Dans son Royaume, sans Dieu ni ciel Roi sans couronne, le Galibot perdu Cultivé dans une boue de crasse et de fange Poussant dans la faim et la soif de sang Quand les songes s'embrasent Dans la misère du coron Les Galibots embrassent l'âme des catacombes.
Submitted by Celtic Frost — Jul 05, 2026
Cette porte d'Orcus qui donne sur les mines Que la Sentinelle garde par dessous son église Flotte l'étendard de Bleu de Noir et de Rouge Dressons l'oriflamme du peuple de la lie Sous ces remparts de maux et de craies Vivait la plèbe d'Arras, de Cambrai Boves, ces cavités profondes et hallucinées Ces portraits du Nord, hexagone larvé. Sous le pavage de l'éminence solaire Clandestins dans un monde Où la nuit règne en maitre Havre de haine, flambeau de peine Dont lueurs d'espoir jamais ne surviennent Sur l'oriflamme au blanc, tachée de graisse Fosse que Goriaux garde sous sa mare d'ébéniste. Flotte l'étendard de Bleu de Noir et de Rouge Dressons l'oriflamme du peuple de la lie Un champ de bataille au centre de la terre Quand le monde se ravage hanté par la guerre Des fantômes du Nord se réfugient dans les boves Sous la surface où d'autres trouveront la mort Comme les soldats du charbon En uniforme bleu mortifié Cinglant de rouge et de blanc brûlé. Cette porte d'Orcus qui donne sur les mines Que le puits d'Oignie garde sous son double 9Bis Flotte l'étendard de Bleu de Noir et de Rouge De Noir et Rouge.
Submitted by Celtic Frost — Jul 05, 2026
À l'approche de sa gueule puante, Immonde mâchoire béante, Résonnent ses hurlements stridents C'est l'appel des pénitents. Boyau ébène, notre moyen de survie, Fumées constantes, essence de vie, Sur les froids pavés souillés de Montsou, Trempés de son humeur acide, Déjà battent les semelles humides Du troupeau sorti de sa soue. Cette masse grouillante défile, Au rythme de ses gargouillements Comme attirée, indéniablement, Tous acteurs de ce grand vaudeville. Boyau ébène, digère ceux comme Basly, Notre moyen de survie, se trouve sous les terrils, Fumées constantes, qui étouffent nos familles, Essence de vie, des humains engloutis, Bétail en cage, ses dents acérées broient les chairs, Avale sa portion d'âme, dans sa gueule décharnée, S'enfonce dans ces entrailles de bile noire et viciée. Boyau ébène, s'acharnent les canaris. Cronos affamé, se trouve sous les terrils. Fumées constantes, brasier des compagnies, Les familles entières - par Voreux englouties.
Submitted by Celtic Frost — Jul 05, 2026
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Qui descend dans l'écorce noire D'une terre chargée d'espoir Qui s'entasse derrière les barreaux d'une cage Qui s'enfuie à force de forage Une élite ouvrière du Nord Qui abattent dans ce tumulte - cet orage Qui décroche le ciel loin des nuages Au fond l'air funeste crie encore Flammes, mêlées de fumées et de suie Que l'eau fane Et lacère d'un silence terni Qu'il enduise le linceul maudit Qui brûle dans l'étouffoir D'une terre chargée d'air noir Qui réveille cette hydre malsaine Qui veille sur son or ébène Porteur de flamme Le Pénitent du Feu De sa torche embrase Les corridors grisouteux Qui brûle dans l'étouffoir D'une terre chargée d'air noir Qui réveille cette hydre malsaine Qui veille sur son or ébène.
Submitted by Celtic Frost — Jul 05, 2026
Aux racines des mondes Qui emplissent de boue le bleu d'Eden Os de verre où la lumière même s'encrasse Tombé dans les entrailles boisées Qui pourrissent - craquent - rompent Qui supplient - fléchissent - tombent Aux races immondes Noyées dans l'Achéron des peines De sang, de peur, de terre. Ils dévalaient pour y être inhumés Ce dieu auquel dix mille affamés Donnaient leur chair sans le connaitre N'auront pour éternels sanctuaires Que les kilomètres de terre Qui s'asseyent et crachent sur leur tombe. Le vent comme un coup de faux Chasse les nuages De cette nuit sans astres Sans air, sans feu, sans fin. Là dans ce souterrain, mausolée Et ruines d'un temple antique Autel des sacrifices pour un soleil Qu'on ne verra jamais. Loin de cette surface Qui n'avait de gaieté Que les tuiles régulières du Nord De rouges et de sang teintées Énée conduit par la Sybille De la quinzaine - maigre et futile Terre morne comme sépulture Qui ensevelissent ceux qui la conçurent Cette ascension souterraine Cette dernière lumière Cette descente vers le ciel Cette première lumière Descendu par les rouages infernaux C'est dans ce Nord de France - ce plat pays Que les montagnes poussent sous terre Descendu par l'ascenseur vorace C'est dans ce Nord de France - ce lieu maudit Que les morts s'enterrent eux-mêmes.
Submitted by Celtic Frost — Jul 05, 2026
18h00 - fin d'service, sale temps - mine triste Rougeoie derrière les vitres le tungstène - cramoisi Les vapeurs attisent les foudres Chauffent le sang de la rébellion Qui grouille dans l'estaminet Où l'état minier entre en sécession Pour mettre sur la gueule des porions Des traîtres qui mangent à la table des patrons Profiteurs de misère Qui se croient au-dessus des lois On va défoncer leurs rêves, leurs mirages de p'ti roi. On les poussera à l'exil, on les roulera dans la terre On les mettra au bûcher comme de viles sorcières Ainsi la divine comédie On l'achèvera Noyé dans l'Escaut, ce Styx Leur union de scélérats. Pas de paix. Battez-vous. Nos gueules noires Écrasent vos fronts Sur les trottoirs Sur les comptoirs Gueules d'ivrogne Bourrées de haine Il est bien crasseux ce Nord Qui germe jusqu'à éclore.
Submitted by Celtic Frost — Jul 05, 2026
Dans ce village aux ruelles peuplées Au pied d'un terril, des familles d'ouvriers Du textile ou de la mine, Après tout, ils prospéraient. L'ombre croissante de ce Golgotha Plonge dans ses ténèbres Calonne-Ricouart, Mais Coron, bien loin De l'enfer souterrain Des Monts derrière les carreaux Abduction, des tunnels Infernaux Charbon, et du schiste toujours plus haut. Des Monts qui retardent l'aurore Abduction mais ce n'est pas de l'or Du Charbon et du schiste dans cette amphore Danaïdes à faire couler la terre Et inonde nos routes d'encre de grâce Mais les harmonies dans ce fief Colorent les bals dansants Un dimanche par semaine Consacré au bon Dieu C'était celui-là même Où l'on délaissait nos bleus Courant les lopins de terre Les tiots qui tous candides Trouvaient dans la misère Une vie plutôt bucolique Dans ce village aux ruelles peuplées Au pied d'un terril, des familles d'ouvriers Du textile ou de la mine Après tout, ils prospéraient. L'ombre croissante de ce Golgotha Plonge dans ses ténèbres Calonne-Ricouart, Coron, un soir L'enfer s'invita soudain. La terre éclate dans la nuit Se pulvérise sur les toits des logis Ce Vésuve du Nord qui dégueule la roche Et qui sur les hommes jette l'opprobre.
Submitted by Celtic Frost — Jul 05, 2026
Oh Dieu ! De ce pacte vicieux, scellé entre le ciel et la terre. Soucieux des siens, le pieu de Valenciennes Subit l'assaut des astres souillés de sang Supplie que cessent ces sinistres sifflements Odieux ! Qui souffle aux ports l'infecte Fléau d'an mille, d'enfers et d'ostensibles Eschatologies qui déferlent dans notre ville Les hypogées crachent Ces immondices cachées Symptômes âpres D'une terre réprouvée La catabase de l'ermite Dans sa foi abîmée Bertholin pria, Sans jamais se retourner Jamais De Dieu ! Les maux, les morts, du Nord ; la ville en saigne. Portée par la vermine De ce pacte vicieux, scellé entre le ciel et la terre. Soucieux des siens, le pieu de Valenciennes Subit l'assaut, des astres souillés de sang Marie porta aux Anges - Le Saint Cordon Encercler la cité D'un fil béni de Dieu Qu'Ariane même aurait pu tisser Pour s'évader de ce dédale pesteux Un rempart sans pierre ni garde Un fléau, sans fléau d'armes. Citadelle défendue du gouffre Sous l'étendard de Notre-Dame Les ruelles transpirent le soufre Où soufflent encore l'infâme La Peste aux portes de Valenciennes.
Submitted by Celtic Frost — Jul 05, 2026
Encore un jour de pluie Qui frappe sur les fenêtres Horloge d'une nuit Qui peut-étre le fera renaitre Brülera le firmament Dans la berline céleste Que les nuages absorberont Au retour de Mésektet Encore une course dans le ciel Seule, je vois ce météore chagrin Qui s'écoule comme le sel Sur mes joues qui n'espèrent que le lendemain Que ton passage sur les rails sombres de la faille Ne te fasse pas sombrer loin du petit matin La peur m'entraine Reviens avant que ne tombe le soleil Des heures des nuits d'angoisse La peur m'entraîne Reviens avant que ne meure le soleil Qui t'embarque avec lui dans ce monde Souterrain, que mon âme n'atteint pas Cauchemars et chimères que tu affrontes ici-bas Cet apophis de charbon maculé Aux racines d'un arbre Duquel nous sommes tombés Chaque nuit on t'arrache à moi J'enrage cette terre qui enracine mes pas Encore une course dans le sol Seul, regarde le serpent d'airain Qui rampe comme le sel Sur mes joues qui n'espèrent que le lendemain Que ton passage sur les rails sombres de la faille Ne te fasse pas sombrer loin du petit matin Berline céleste dans ta traînée de soufre Qui scintille sous les cieux Fais le sortir du gouffre Sa résurrection diurne La peur m'entraîne Reviens avant que ne tombe le soleil Des heures des nuits d'angoisse La peur m'entraine Reviens avant que ne meurt le soleil Qui l'embarque avec lui dans ce monde.
Submitted by Celtic Frost — Jul 05, 2026