FT-17
Album • 2022
Ventelay, 13 septembre 1914 Après les pluies intenses d'hier, un rayon de soleil bienvenue éclaire le talus sur lequel nous bivouaquons. Dans quelques minutes, nous reprendrons notre marche en avant. Ce matin encore, on pouvait apercevoir les lumières de Reims à l'est, l'Aisne n'est donc maintenant plus très loin. Nous avons donc fait 100 km en une semaine, à courir derrière un ennemi qui de chasseur est passé à chassé. On avance tellement vite que l'intendance ne suit pas, c'est désormais malheureusement une habitude depuis un mois. Mais nous déjeunons du ravitaillement abandonné par les allemands dans leur déconfiture. S'il n'est pas d'une grande qualité, ce pain saxon a un goût de victoire qui remonte le moral. Grâce à lui revigorés et enivrés de l'accueil chaleureux des villageois, nous trouvons l'énergie de continuer après des semaines d'une marche harassante qui ne s'interrompt que pour les combats. N'ayant pas la robuste constitution des rudes gaillards de mon régiment, je me suis promis de ne m'arrêter que pour faire la sieste sur les bords du Rhin. Au rythme actuel, nous devrions l'atteindre d'ici une dizaine de jours. Si la moitié des rumeurs que l'ont entend sur les victoires éclatantes des russes sont vraies, nous serons au rendez-vous. Mais c'est presque trop beau pour être vrai...
Submitted by NecroLord — Apr 26, 2025
Dès la fin du premier acte et son repli éprouvant En formation bien compacte la marche repart en avant Oubliant les désillusions, on retrouve nos émulations. Dans les plaines de l'est les russes auraient vaincu les allemands En face de l'Autriche en sus, les serbes en ont fait autant La victoire est à l'horizon, apportons notre contribution. Déterminés, nous avançons, peine oubliée, vers le front. Dans les campagnes, les vignerons, sortent le champagne, libération ! Euphoriques, intrépides parfois même pressant le pas Une avancée si rapide que l'intendance ne suit pas On survint des réquisitions, en mangeant le pains des teutons. Quelques victoires trop faciles contre la cavalerie ennemie On combat moins qu'on défile, ne serait-ce qu'un sursit ? Après l'Aisne, on passera le Rhin, on se voit déjà à Berlin. Déterminés, nous poursuivons, sur notre lancée, vers le front. Les villageois, que nous croisons, nous crient leur joie, libération !
Submitted by Warbringer — Apr 26, 2025
On est dimanche mais pas de répit, depuis les hauteurs tout l'après-midi Sifflent les obus telle une litanie, puis une pluie de balles avant Corbény Formation de combat ! Avancez soldats ! A la ferme du Temple, au bois Beaumarchais Au chemin des Dames, l'ennemi retranché A reçu au plomb nos éclaireurs Connaîtra au fer sa dernière heure. Formation de combat ! Avancez soldats ! Première ligne, sur un rang, compagnie, à mon commandement, 3, 2, 1... Bataillon allez ! A l'attaque, chargez ! Village en vue, les ordres sont donnés, avant la nuit il faut l'enlever L'artillerie va nous appuyer, il faut continuer d'avancer. Baïonnette au canon ! Préparez le bond ! Sur le fusil les mains crispées, sur Rosalie on va compter Le pouls lentement accélérer, en attendant le coup de sifflet. Baïonnette au canon ! Préparez le bond ! Première ligne, sur un rang, compagnie, à mon commandement, 3, 2, 1... Bataillon allez ! A l'attaque, chargez ! Et s'élançant vers l'horizon, au pas de charge nous attaquons. Les baïonnettes sur les canons, la Marseillaise nous chantons. D'un assaut vif sans concession, nous balayons l'opposition. Des prisonniers nous capturons, à Corbény nous triomphons.
Submitted by BloodShrine — Apr 26, 2025
En cette belle matinée, on repense à la victoire de la veille À la fin du repli, au terrain repris Ainsi qu'à ce village qu'on surveille C'est quand soudain, tonnant au loin, héraut obscur d'une froide brutalité Éclairs de feu Et pluie de fer, Nuages de poudre, qu'un orage d'obus nous ramène à la réalité En gardant notre sang-froid, on prend position Là de pied ferme, on les attend On se prépare au combat, dans ces conditions Bien déployés, prêts à cueillir cet ouragan Tête baissée Dents serrées On subit impuissants Pilonnés Sur place cloués On attend impatients Le canon s'est tu, on a survécu et maintenant l'infanterie attaque Ils seront reçus, au bout de la rue Les fusils d'un mouvement se braquent Mitrailleuses armées, prêtes à répliquer, disposées pour les refouler Après ce qu'on a fait, Le prix à payer, Les batailles perdues ou gagnées Pas question ici de reculer En gardant notre sang-froid, on tient position Vague après vague on se défend On mitraille à tout va notre opposition Déterminés, cette contre-attaque annihilant Tête baissée Rangs serrées On défend furieusement Accrochés Canardés Coup pour coup on leur rend Accrochés Canardés Coup pour coup on leur rend
Submitted by Lake of Tears — Apr 26, 2025
Le village abandonné, le repli est ordonné, et Dieu sait pourquoi On recule dispersés, hors des routes bombardées Mais où va-t-on là ? Les couleurs sont un peu ternes, le moral vraiment en berne Mais que fait-on là ? La retraite retrouvée pour les hommes éprouvées, Mais où est-on là ? Là, c'est pas la fin du monde, mais à chaque seconde, le moral est plus bas. Las des batailles incessantes, où des vies innocentes, Furent fauchées ici-bas. Et Berlin attendra. Un départ précipité, pour la ligne reformer, Repli à Dieu vat... Laissant tomber les blessés et service de santé Mais que fait-on là ? La victoire se dessinait, il nous faut la repenser Mais où va-t-on là ? Une amère sensation, on ravale nos illusions Mais où est-on là ? Là, c'est pas la fin du monde, Mais à chaque seconde, le moral est plus bas. Las des batailles incessantes, où des vies innocentes, Furent fauchées ici-bas. Et Berlin attendra. Hors sentiers battus, moral abattu Espoir défendu, illusions perdues
Submitted by Lake of Tears — Apr 26, 2025
Abords de la Ville-aux-Bois. 15e Septembre 1914. L'aurore point sur un sous-bois dont le calme trompeur ferait presque oublier la bataille qui s'annonce. Nul doute que les artilleries viendront bientôt anéantir cet éphémère moment de quiétude. Mon escouade tient un point défensif près de la Ville-aux-Bois, que le régiment a pour ordre de tenir coûte que coûte. Les ordres arrivés hier soir sont clairs sur ce point : il faut à tout prix maintenir une ligne organisée afin de ne pas compromettre la position des unités qui se battent autour de Reims. Puisqu'il faut tenir, nous tiendrons. La nuit a ainsi été passée à creuser et consolider des tranchées qui nous permettront de soutenir le choc d'une attaque ennemie qui ne saurait tarder. Cet exercice nocturne n'a pu que renforcer mon admiration envers les légionnaires Romains qui étaient capables en leur temps de le réaliser avec une efficacité remarquable. Nous attendons donc désormais le choc, en essayant de ne pas peneer au service de santé du régiment qui a été capturé à Corbény. Le capitaine nous a assuré que le médecin major de la division organisait le poste de secours avec les docteurs du 144è, mais il va falloir espérer que les brancardiers soient efficaces quand ça va chauffer.
Submitted by MetalElf — Apr 26, 2025
Ils ont fait taire l'artillerie, Prémices d'une attaque ennemie Armez ! la position défendez, En joue ! Les vert-de-gris vont arriver Temps suspendu de l'attente, doigt tremblant sur la détente Les voilà ! Attendez d'être à portée, Feu !, sur tout ce qui bouge ou le pourrait L'ennemi cherche à s'infiltrer, les balles sifflent de tous côtés Chacun est déterminé, on commence à vaciller Les munitions à manquer, les cadavres à s'entasser Mais plutôt que de reculer, on crèvera jusqu'au dernier Première vague repoussée, sur place on les a cloués Halte au feu ! Préservez vos munitions Visez ! Sans balles jamais ne tiendrons Leurs mitrailleuses déployées, leurs canons prêts à tirer A l'est ! Ils tentent de nous contourner A couvert ! Sur place ils veulent nous clouer L'ennemie veut nous déborder, la mort rôde de tous côtés La défense est acharnée, on continue de lutter Les munitions de manquer, les cadavres de s'entasser On va être submergé, le repli est ordonné Suivant l'ordre de repli, on s'élance hors de nos trous, Quittant cette position devenue intenable. On court vers le bois, concentré vers l'abri de la lisière, Ignorant ceux qui tombent autour de nous, dans un instinct de survie primaire. Ce n'est que là, reprenant mes esprits autant que mon souffle Que je prends conscience de la situation. Eparpillés dans ce bois et avec de lourdes pertes, Nous allons devoir préparer la contre-attaque. L'initiative doit changer de camp. Baïonnette au canon ! Reformez le bataillon ! On reprend la position, on chasse ces Saxons Allez ! Chargez !
Submitted by VladTheImpaler666 — Apr 26, 2025
Tapis dans une maison ruinée, au toit d'un obus effondré La faim au ventre, des assauts éreintés On dort d'un oeil, on tue le temps, noircit des feuilles en attendant. Cinglés par un chagrin glacé, s'infiltrant par les murs troués La peur au ventre, d'un silence étouffé On compte les balles, on scrute au loin, l'aube infernale se lève enfin. Dès lors nos positions ciblées, méthodiquement sont pilonnées La terre se meurt, le ciel s'enflamme, dans la terreur, nous pauvres âmes Ces sombres heures, nous patientâmes. La Ville-aux-Bois fut évacuées, ainsi notre flanc droit exposé Fut bientôt la cible des assauts ennemis (Les) héritiers du Terrible, à coup de fusil L'assaillant crible avec frénésie. La pression allemande est continue. Dès que les canons se turent, Les mitrailleuses prirent inexorablement le relais. Après cinq jours sans ravitaillement dont trois à défendre cette position vacillante, la bataillon n'est plus que l'ombre de lui-même. Mais passées ces semaines d'effort, C'est une ombre déterminée à tenir coûte que coûte. Des combats indicibles éclatent de tous côtés, mêlées indescriptibles, corps-à-corps acharnés, on n'est pas invincibles, mais on va résister, là... Le flot de sang impur de tous les sacrifiés Dans sa grande démesure abreuve les tranchées Ces pertes on les endure, mais on va s'accrocher, là... Enfin la relève, enfin la trêve On pose le fusil, mission accomplie
Submitted by Celtic Frost — Apr 26, 2025
Après trois jours à lutter, on est relevés, de cet enfer enfin on sort. Morts ou blessés, disparus, prisonniers, un millier manque à l'appel. Jeunesse fauchée, repose en paix, que ton épitaphe interpelle. Après trois jours à lutter, on est exténués, Un peu embrumés, on n'ose y croire encore. Par le 8ème remplacés, on peut décrocher, Vers l'arrière se replier, au prix d'un dernier effort. Morts ou blessés, disparus, prisonniers, un millier manque à l'appel. Jeunesse fauchée, repose en paix, que ton épitaphe interpelle. Sur la brèche pendant six jours consécutifs, le 57ème a, Malgré de nombreuses pertes et des fatigues de toutes sortes, Montré un courage et une ténacité qu'on ne saurait trop admirer. Le 57ème est le digne fils de la Terrible 57ème demi-brigade.* Malgré les assauts, Leurs efforts colossaux, Malgré toute leur rage, Leurs retours à la charge, Malgré les privations, Malgré l'exténuation, Malgré le temps exécrable, Et les pertes considérables On a tenu *Citation de l'ordre n 17 du 18ème C.A. décernée par le Général de Maud'huy.
Submitted by Celtic Frost — Apr 26, 2025
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