Calvaire
Sur le logis du tourment se dressent maintes blasphèmes Ainsi que les vestiges des pensées les plus candides Là où le temps s'est inopinément paralysé Le regard des uns affronte celui des autres Conférant honte et froid cristallisé Ceux qui pensaient détenir foi et ultime vérité Dans de fictives liturgies et fables évangéliques Se verront ici-bas pervertis et crûment dépravés Sans relâche et longuement ils supplieront la pitié De ceux qu'un jour ils ont apostasiés Et, comme des traîtres et lâches, abandonnés Morts sont maintenant ceux qui vous ont crus Demain ou lors d'un jour plus lointain Quand l'âme aura quitté son destin Infamie et stigmate les rejoindront Calcinant les restes d'une fierté démesurée Sans besoin de prière ou d'offertoire Car divine vertu se verra le jour voulu Nourri de peur et de créances abusives Veule est le fidèle à l'âme monnayée Face à celui qui subira l'âpre rejet De ses faux semblables Qui jadis furent fervents alliés Sans refléter l'ombre de trahison Sans susciter la moindre déloyauté Qu'un jour sordide ils offriront Ainsi le Temps d'une ultime bénédiction suffira Pour abdiquer la paroisse et toutes ses confessions Et se recueillir là où fût le premier berceau du nom Indéfectible source de toute existence Créateur authentique au-delà du factice Dieu Maison mère sans maître, ni croix, ni crucifix Pourvue de convictions faites de glace et de feu Croyance épurée et purifiée sans l'ombre de vice Ayant pour guide moral la lueur du soleil Ayant pour racine l'essence même de la Terre Procurant vigueur, impulsion et triomphe Sur l'adulation du royaume pestiféré
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026
À l'approche du crépuscule qui sera dernier du nom D'un son morne sonnent les chants des fidèles Résonnant dans la pierre froide de la nef De ce sanctuaire imposteur Ce vieux pays qui fût jadis terre du berceau S'apprête à tomber Les lâches disciples marchant futilement Derrière un bourreau corrompu Portant chaînes et pilotis dantesques Ces pieds traînant dans une bouе dense et pourprе Transite un être supplicié dans l'âme Au point de trucider sa propre peau Et de souhaiter succomber aux affronts baveux De ses précurseurs Battu sans aucun scrupule et châtié librement Tenaillé à coeur ouvert et de mains fermes et viles Abjecte foule folâtre et ovationnant Pervertie à l'ultime sommet des pensées humaines La cohorte dépravée se plie aux désirs vicieux du Dieu Possesseur d'un droit injustement partial La cruauté s'abat sur la tête du réfractaire Bannissant toute raison et sens de cette atroce scène Réduisant corps et chair à la soumission Et appauvrissant le sort des leurs Telle une peste noire descendue du ciel Aux attributs trompeurs et néfastes Telle une déveine émergeant des abîmes Opprimant les inopinés restes de la grâce Subjuguant toute miséricorde qu'il soit À en traîner le sujet six pieds sous terre Dans l'antre de l'atrocité opulente Administrée avec dévotion
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026
Incapable de contrôler son propre souffle Incapable de retenir les cris se dégorgeant D'une bouche saignant des cendres de haine Les mains enchaînées par des fers corrodés Et forgée d'une amertume intemporelle S'entraînant dans la plus sombre des errances Et se délectant de la vive douleur Qui ronge cе corps déjà stigmatisé Estropié demeure cеlui Qui se verra bientôt dépérir L'air macabre atterré dans les poumons Porte le parfum du tourment Craignant la brûlure du dernier et ultime cri Suppliant de suffoquer au fond du charnier Les liens tranchants condamnent le presque-défunt A une détresse infâme et forgée dans l'éternel S'abreuvant de ce qui reste d'éthéré Dans l'air embrasé de pleurs austères Dérivant vers des fossés dépourvus De quelconque source de lumière Le destin n'a point de sens ni de raison désormais L'inconnu sinistre à venir faisant face à l'astre Une rafale de sanglots se mélange aux effluves sanguinaires Engendrées par lames et massues et fers incandescents Une fumée de peau et de tissus répugne une foule Comblée par un spectacle qui n'a d'attrayant que le nom Captivée par les mouvements du sujet Vieillards et enfants contemplent d'un oeil pervers Le martyr servant d'exemple à toute la galerie Pétrifiera et convaincra ceux dont les idées rêvent de liberté
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026
Mis à mort lentement dans un silence abyssal Ce trône de bois sera piètre stèle Ardentes effluves S'émanant aux parfums de peau Se parsèment et dérivent à mille lieux lointains Horrifiant ceux qui ont un jour juré Fidélité et obéissance les yeux fermés Brille et danse le feu du bûcher De mille valses et de mille nuées Se frappent les cloches du diable Inondées de rires fiers et satiriques Les disciples du père s'abandonnent au chaos Emancipant mépris et fardeaux Dans la fumée de sang et de chair Laissant apparaître au travers Les portes de l'enfer Triomphant sur les esprits mortifiés Hurlements et peur s'échappant Les regards s'écroulent dans l'aura noire Saturant la scène d'air délétère Fait de restes et de cendres humaines tièdes Transpirant rage gangrenée et délivrance L'aube sera morte bientôt et demain ne sera La lumière se désagrège, impalpable et éthérée Sans regret et se consumant dans une odeur de viscère Où se noie le pardon dans une mer de larmes Sans regret et se consumant dans une odeur de viscère Où se noie le pardon dans une mer de larmes Où sombre à tout jamais l'histoire d'un purgatoire Ainsi s'achève enfin dans ce sordide brasier Le dernier jour d'un impie tourmenté Ne faisant plus qu'un avec la terre qui l'a bercé Ne faisant plus qu'un avec le ciel et le soleil Mort ! Mort au Roi abstrait et imposteur La vaste nuée de traîtres serviteurs Vaguant aveuglement dans la duplicité Qu'un jour ils regretteront d'avoir sacré
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026