Punir
Évanoui au petit matin de la couche des miens comme hier de celle des tiens, je ne me meus plus qu'en contre-jours et crépuscules Vapeur de chair; omnisciente, impalpable Mouroirs à bas rendements, fontaines de mort, assoupi à la lisière des mondes le bruit blanc de leurs cris d'aveugles s'y faisait murmure J'y rêvassais d'une dernière pionce aux Marquises, joues baignées par la tiédeur des rayons d'un luisard à l'agonie M'épaississant la couenne au ceinturon, infoutu d'être venin plus que contrepoison
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026
Bien trop de traques, zen chargé d'effluves âcres, pour se remettre ce qui en a forcé le goût Mes saisons longues comme leurs jours, à cavaler prunelles éteintes D’hallalis en curées, flamme parasite d'un corps fantoche Sans la moindre véhémence ni maligne joie envers la bête exsangue qui se traîne et se vide Mais tenu en laisse par l'enivrant remugle qui s’émane de sa tripaille encore fumante, ma perpétuelle jouvence
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026
Depuis longtemps revenu des bouches à bouches sur viandasse avariée, pardonne mes airs amorphes devant ta panique de gibier pris dans les phares Es-tu toujours aussi borgne aux retours de schlass, maintenant qu'onze litrons de chiasse cherchent à s’enfuir de leur nouvel œil de bronze? Viscères aux poings, hissés bien haut, vil orpailleur de ces visqueux boyaux Tant de passions blêmes, tant d'aversions guindées, et moi qui n'aie jamais eu d’yeux que pour ce qui s'y noie Gobeurs de couleuvres, tâtez enfin le nid merdeux qu'est ce nombril duveteux!
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026
Fils prodigue déjà revenu de tout bien que panards encore pégueux de leur cocon carmin, tes courbures d'échine remaquillées en postures opiniâtres ne prennent plus Je ferais de toi mon veau gras, prêt à répudier tant de souvenirs d’Épinal sentant venir l'Opinel
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026
Même roitelet dans sa cage n'est que rat en mes parages Gonfle toujours le goitre et aboie à la lune j'te calcule pas De l'œil du panoptique, je t'ai déjà vu ramper mille fois! Désavoué par tes pères, useur de soleil aux horizons en trompe-l'œil Va-t-en-guerre réformé, de toutes tempêtes en vases clos pour une bonne tape dans le dos Continue à baisser la tête devant ton reflet tout en réclamant un monde à ton image, la duraille en rit encore
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026
Entravé par mes émotions de seconde main, le cilice comme seconde peau, j'ai bu le calice de leurs homélies jusqu'à la lie Mon claque-merde, leur pissoir, que mes relents d'ammoniac ravivent les braises de nos ires Maniaque devant les flammes, flasque face à moi-même
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026
Même le sommeil émacié, même l'orgueil dégueulassé, j'ai creusé ce sol tronché au fumier Sarclé ces racines, devenues autant de cordons ombilicaux nécrosés Fils du purin aux désirs puritains, tel en était le prix à payer pour s'arracher de cette friche Tournesol à la droiture de poignard, ciel de soufre pour mes pupilles strabiques et cramées Mon cœur écartelé entre deux soleils
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026