Perdition
Les aiguilles du temps ne tournent plus qu’au ralenti Leurs rebuts d’antan, recyclés à l’infini Se sont mués en sangsues, aux morsures si voraces Jeu de miroirs sans issue, perdu de guerre lasse Ces bourreaux invisibles m'auront eu à l’usure Prisonnier de leurs limbes, lisses, taillées sur mesure Un de plus coincé au fond du grand sablier Gardant oreilles dressées, yeux grand écarquillés Et quoi qu’il advienne, on mordra tous à l’appât Dans l'attente d'une césarienne qui ne viendra pas Cadavre ricanant, j’ai pressenti l’bordel Il ne naîtra plus d'âge d’or - mais ça reste entre nous Ma lame, indolore! plantée dans le ventre mou Du gris terne permanent, du présent immortel
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026
Perdu, dans le tourbillon de l'instant absent La rate au court-bouillon à se ronger les sangs Jamais le bon endroit, jamais le bon moment Plutôt porter ma croix, mauvais, mauvais vivant À foirer tous les coches, à quoi bon s’acharner? Le temps m’a fait les poches, puis laissé désarmé Un œil vers mon antre, et l’autre à la fenêtre Du monde sans en être, je suis du monde sans en être Et crois bien qu'elle m’attriste, cette ardeur affaiblie Tu sais les égoïstes, aussi, parfois s’oublient Trop d'murs dans ma tête, façades aux couleurs passées Hier si endurant, moine-soldat du dérisoire Péniblement figurant de ma propre histoire Faut bien être honnête y'a quelque chose de cassé
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026
J’ai échoué, je l’avoue, les offenses ne comptent plus Je tendrai l’autre joue, sans vergogne, toute honte bue Tiens-t'en aux rictus, je me fous des porte-voix Je ne suis rien de plus que ce que je renvoie Est-ce un sacrilège, si nul ne m’est important? La queue du cortège n’est qu’un souvenir distant J'vais pas m’en vеxer, bon dernier à l’arrivéе Gavé à l’excès des grisailles enjolivées Ce qui a été, comme ce qui aurait pu être Désolé mais très peu pour moi, très peu pour moi Enfant de l’impiété, j’ai le feu pour seul maître Brûlant sans trop savoir pourquoi, savoir pourquoi
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026
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Ça te monte dans les veines, comme un venin de murène Ça t'écorche et ça t'emmène. ça ronge les figures de style Ça rend fiévreux les tranquilles, ça épargne les imbéciles La haine Ça irrigue l'œil du tigre, ça surtend profond tes fibres Ça use, mais tu restes libre, c'est perfide chez les bourgeois Chez qui ça nе se dit pas, même si ellе est souterraine C'est tordu, vulgaire et lourd, c'est laid, obsédant et blême Mais c'est la vérité même, c'est la sœur de la révolte La mère des révolutions, c'est le couteau de danton La haine C'est tellement tendu parfois, qu'on ouvrirait bien les bras Pour que ça cesse, mais ça monte dans tes veines Comme un venin de murène, ii faut bien que tu la traînes Ta haine Ma frangine des matins froids, je te réveille pour te dire ça Mais tu sais, il n'y a que toi que j'aime
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026
Aux quatre veines je m'saigne, mais qu’ai-je vraiment appris? Abreuvé aux fontaines dont les sources sont taries Est-ce indigne si je n'daigne goûter à la misère D'un jardin d'eden dévoré par le désert? Sur mes deux visages, le même sourire essoré Chargé d'un héritage qui sera ignoré Je ne ferai plus un geste faut pas déconner Pour le peu qu’il en reste autant tout bétonner De mes envies évidées? Je ne retiens rien De mes héros érodés? Je ne retiens rien Eux qui avant la morgue me sont méconnaissables Ne m'laissant que leurs dogmes tracés dans le sable Autant déchirer toutes ces visions qui me nuisent Une grande croix tirée sur mes rêves de terre promise
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026
L'amertume tout au long de mes joies éphémères Comme bouchon de plomb sur chaque bouteille à la mer Des épines sans leurs roses, dénuées de toute fragrance Devant la sinistrose, j'ai fait vœu de silence Vicieux enfumages pris pour paroles d’évangiles Dix doigts dans l’engrenage d’une machine bien fragile Le sang qui glisse en toi, égaré, en silencе Et sens le son de ta voix sе faner, en silence, crier Il n'y aura plus de causes, seules leurs conséquences Combien de portes closes? Tous à garder nos distances Alors que par essence, plus rien ne nous oppose Au prix du bon sens, pourquoi flatter les névroses? Aux oiseaux de malheur, je tire ma révérence Adieu les crève-cœurs, mon salut par l’ignorance
Submitted by SerpentEve — Jun 17, 2026