Acédie
M’enfonçant sous les débris j’agrippe les plaques d’argile, suie de granite L’érosion me refuse l’asile De ces sédiments je confectionne une arme, aiguise sa pointe, puisse-elle me rendre prospère Tuer l’innocence avant qu’elle ne me trahisse, que passions glissent, et esquissent un visage Renoncer aux rêves et faire du marécage mon seul refuge, éliminer l’audace Le corps las… mes jambes fuient Ma lame est le miel qui surit sous les étangs vides Ma peau est la vase qui colle aux semelles de l’enfant qui avance Le rabat l’avale comme l’année qui passe et crie aux secours Mais son œil affolé se fond déjà aux œufs des mouches Et je découpe son cri en alvéoles de cire Circuits sinueux Mes liens avec le vouloir se scindent Empoignent mes concepts d’une main évasive Les lianes tirées dans un bain de boue Les ambitions sablonneuses, le marais me coupe de ma fortune Le marais me coupe de ma fortune Les ambitions sablonneuses Elles se meuvent vers les bas-fonds Les mouvements las Je croule sous le temps qui passe Sous le sable qui s’écoule et devient moite Je me perds dans des pleurs alvéolaires et perfore les parois de la ruche Laissant déferler des rafales de douceur Dans ces eaux déjà infectes
Submitted by Grave666 — Jul 05, 2026
Les minéraux se cristallisent sous mes pores Les pierres se meuvent et s’entrecroisent dans une architecture sans colle Me changeant en œuvre d’art, embellie d’obsidienne, salie par le goudron. On mine la surface lisse qui me sert d’enveloppe Pour y découvrir des joyaux fanés Les étaler à perte de vue et s’y frayer un chemin Étincelant, que nul ne s’y perde Autre qu’une vaine sculpture au centre de ces passages serpentins Ma forteresse déconstruite J’émerge en monolithe primordial Pilier lamentable Au centre de pâles ruines brutalistes // Précieux est le roc dont je me vide à petit feu Il me complète dans mon détachement Il me rend objet et divisible Fragments d’abandon et d’idéaux meurtris Je tousse une procession Qui étale dans les rues Le fossile de mon ventre. Le chef de file pointe au loin Laisse-le se rompre les dents Laisse-le mâcher du verre Je ne me contente que de la poussière La marche est lente et l’appétit m’étrangle J’ai faim de la fumée qui m’échappe (de la fumée qui m’échappe) À la croisée de nos chemins, je cèderai, me laisserai choir Ma mue s’effritera Je me noierai dans une substance honteuse le visage caché, l’intérieur souillé Fracture mes os de marbre Décolle mes membres pétrifiés Dérobe-moi de mes débris Fais-en étalage sur ton chemin Laisse-moi me rompre les dents Laisse-moi mâcher du verre Fait fondre le bronze, Martèle mon alliage Détruit la glyptique et disperses-en les cendres
Submitted by Grave666 — Jul 05, 2026
Mes yeux fixent l’art qui adorne ce vase Symbole de faux souvenirs Son portrait est une flamme qui cautérise la plaie un souvenir amaigri laissé pour compte en réponse à la soif de la galle Arrache-la pour qu’une infection permette une nouvelle brûlure au plus vite La fosse est vide scrutée à la loupe et au scalpel Remplis la plaie avec d’autres maux Mords l’angoisse et serre les dents Referme la mâchoire sur cette incision Et savoure sa chaleur excessive Ne guérit pas tes entailles Embrasse leur emprise Laisse-toi consumer
Submitted by Grave666 — Jul 05, 2026
Hissez-moi au sommet des tours mythiques Que j’atteigne la gloire des écrits Perché là-haut, l’enclume m’observe Son regard hautain menace ma consécration J’avance avec orgueil d’un pas titubant Je jette le fardeau ralentissant ma course Pour me délier de la pesanteur Je tends vers mon salut Emboîtant les craques de la falaise Je grimpe jusqu’à l’épuisement Mais le frein de mon périple persiste À mon insu Je lâche prise de mon ascension J’exhale mon aliénation et me réveille en chute libre Je lève les yeux vers un puits de lumière fracassé Quittant la longue marche Les cieux se dissolvent et forment le gravier qui tapisse le gouffre Détruisez ces tours mythiques Que je devienne aveugle aux gloires écrites Mon insuffisance devrait me tirer vers le haut Mais mes yeux me percent la nuque Vers le grand puit qui avale La tension exponentielle s’aggrave Et je ne suis pas élastique Et je ne suis pas élastique
Submitted by Grave666 — Jul 05, 2026
(<em>Instrumental</em>)
Submitted by Grave666 — Jul 05, 2026
Une fenêtre s’ouvre… mon corps affamé Mon corps affamé… Je vois trop souvent une fenêtre (une fenêtre) S’ouvrir sur mon corps affamé Elle expose le manque qui me tenaille L’étau qui secoue les fins ligaments Qui rattachent les morceaux sans vie D’une enveloppe ordinaire Retiennent mes mains morcelées x2 Y injectant couleurs pestiférantes/pestiférées M’emprisonnant dans la fleur de l’âge Une muraille de ronces, qui épouse mes formes Et mes mains haletantes Une couronne de déni et d’échec Les phalanges en croix (me serrent l’abdomen et les membres ) L’estomac en poudre de rouille Contorsionné dans l’excès Éprise de mes viscères, L’arborescence se meut Me serre l’abdomen et les membres Les perçant de ses roseaux Et tissant une couronne de déni et d’échec (de déni et d’échec) Sous un joug fractalisant, mon corps cède au bouturage Je deviens écosystème, verdoyant son désarroi Un délire haletant Parsemé de ra cines foisonnantes La souche de vignes impossibles Juché devant les ronces Verdoyant mon désarroi, je me laisse transpercer Par une écorce rance et fatale, je me laisse transpercer L’aube ne saurait calmer le songe que je crain les idées confuses, je fuis l’accalmie à fenêtres fermées, je me fais reclus Clôt, L’arbre pullule en moi S’étend vers le demain Pétrifié dans une forme d’extase j’édifie un cauchemar J’hallucine j’érige un nouvel havre enseveli sous les ronces Ou les portes claqueront sur le mirage, lacéré sous nos yeux Qui masquait jadis notre désarroi, ultime foyer de la hantise
Submitted by Grave666 — Jul 05, 2026