Goutte à goutte
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Dès que j’eus pris conscience de mon état Spécifié l’état de ma conscience Ma vie ne se résumait qu’à une simple action Ébauche parfaite de mon système de digestion Errant tel un nomade dans mon vaste territoire Me frayant un chemin dans ce royaume noir Je m’empiffrerai de ces délicieuses mixtures Jusqu’à en vomir, au fur et à mesure La sélection de mon menu quotidien Ne s’avère en rien un choix défini Liquide, solide ou substance adjacente L’abondance d’une dégustation infinie Évidemment, j’ai quelque fois un peu honte À savoir de quoi je me nourris Cervelle, chair et globes oculaires J’active la putréfaction avec tant de vie Mes escapades moites et nocturnes M’amènent a me tortiller de cadavres en cadavres Grotesque corps blanc qui brille sous la lune Exagérément repus Je retourne a la surface
Submitted by Iron_Wraith — Jun 06, 2026
Ouvrir ton crâne en deux : mon premier but Afin d’y recueillir ce précieux mets : sans plus Pour l’avoir si frais : pouvoir l’avoir si pur Me met l’eau à la bouche d’une façon obscure Y goûter directement de son présentoir Présente d’abord quelques avantages Du moins pas besoin d’avoir Quelconque outils autres que la rage Cruellement broyée en purée sublime Ta pensée, dont je suis le maître du monde Se prépare pour la cuisson ultime Le four à micro-onde L’usage du four conventionnel Permet une cuisson proportionnée Il faut par contre être très prudent De ne pas tout faire calciner Les cellules externes un peu dorées Rajoutent surtout à la texture L’épiphyse quant à elle, nature Est un délice qui m’est réservé Le festin est interminable, De telle sorte qu’une fois le ventre plein J’en fais des marinades Et j’en congèle en pensant à demain M’en garder un gramme ou deux pour sécher Dans une armoire oubliée pendant des années Pour pouvoir un jour rouler et fumer Sagesse, mémoire et facultés
Submitted by Iron_Wraith — Jun 06, 2026
Acculés à survivre, puants et emmurés Les égouts exécrables, olfactive cité La race réduite à combattre les rats Qui eux se délectent de ce frêle prolétariat La noirceur aliénante massacre l’intégrité Quelques-uns délirent et meurent atrophiés Les moins chanceux se noient dans l’urine froide Et d’autres s’enfoncent et étouffent dans la marde Mi Cro Masse La voie bleutée imprégnée de moisissures Fleuve de sperme, ovules frustrées et vomissures Engloutit voracement les faibles intrépides Aspirant indéniablement à un meilleur avenir La lumière symbolique tourne au rouge dégoulinant Un corps inerte et incomplet plonge; fascinant La flotte stagnante comme cercueil et patrie Les souillures broyées de cervelle en coulis Incrustées comme éprises de la semelle d’un soulier Du passant dépravé sommairement meurtrier
Submitted by Iron_Wraith — Jun 06, 2026
En me levant cet après-midi Une aberration sur le tapis Je ne pus nommer cette atrocité Qui ne cessait de remuer L’aspect infect d’une vilaine locuste Sordide indésirable sur mon plancher Je l’aplatirai avec tant de lustre Il s’évanouira, tel un cauchemar dissipé Le crasseux criquet voilà s’enfuit En engendrant d’éprouvants bruits Sa croissance est alors précipitée Son organisme entreprend de sécréter Le virulent venin maléfique La vermine s’obstine à engraisser Assiégeant le nerf optique Afin de dissimuler la vérité L’insecte affreusement disproportionné Je l’effleure sans même me douter Enduit d’un liquide fétide et gluant Les yeux rougis, à jamais obstrués Au contact dégoûtant âprement épouvanté De l’immense acridien résolument affamé Il m’engloutit, vraiment, si lentement Que je persisterai, digestible, à m’agiter
Submitted by Iron_Wraith — Jun 06, 2026
La nuit était déjà tombée Lorsqu’ils sont arrivés Par milliers d’objets volants Non identifiés et menaçants. Une forme hostile de vie Issue d’un obscur infini. Masses flasques et visqueuses Aux tentacules nombreuses. Ils saccagent, pulvérisant La terre à feu et à sang. Corps humains carbonisés Misérablement effondrés. Leur dessein se précise Expérimentations; emprise. Ils sont venus extirper Nos cerveaux si convoités Pour étendre leur capacité Cervicale et de motricité. Crâne incisé brutalement De nos illustres dirigeants. La symbiose substantielle Des gluantes cervelles. Ce fut une grave erreur Des affreux envahisseurs Les engins s’écraseront Au sol et sur les fonds. Et les autres délirants Se détruiront inconscients. L’humanité est sauvée Une morale est à tirer; Un étranger ne séjourne pas Sur la terre sans y contracter Quelque malice! Ou stupidité.
Submitted by Iron_Wraith — Jun 06, 2026
Comme toute les pires atrocités de la vie Ô toi, damnation, douce et infâme chérie L’image verdâtre de ton visage me possède La nuit où ces songes affreux se succèdent J’évoque avec délice cet instant répugnant Où tu as arrachés mon cœur sec avec violence Mais que puis-je faire à partir de ce moment Sinon remplir ce vide gluant de ton existence Ô toi… Ma douce éventrée Ô toi… Pourquoi m’as-tu quitté Je revois inlassablement ses lèvres immondes Déchirer insatiablement cette chair désirée Je ressens toujours ces excrétions qui abondent Se déverser en toi si avidement ingurgitées La réminiscence de ces plaisirs odieux La lucidité réinvestit alors ce corps si défait Les hurlements désespérés du malheureux La douleur encore vive de toutes ces plaies Refrain… Cette peau noircie tombant en minces lambeaux Ces étreintes embrassées émiettant tous nos os Les parasites expulsés sous la passion décuplée Jamais si lubrique et désinvolte, exacerbée Mais quand te voir ma douce éventrée Je t’attendrai pourrissant pour l’éternité La solitude me pèse davantage que la mort Dans la fosse commune où tout y dort
Submitted by Iron_Wraith — Jun 06, 2026
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