Æther
Alpininistes agiles qui n'ont aucun mal à gravir, Les montagnes de regrets, à contrer les avalanches de souvenirs. A rire, des chutes, des suiveurs, des amateurs fébriles qui à chaque épreuve, Ne surmontent ce vertige. Mais il n'y a d'équité que dans la terre. Alors étanchez vos soifs tant qu'il est encore temps, De l'autre, de vaincre et d'illusion. Alors abreuvez-vous De cette pluie d'ego. Car ici-bas, même les vers vous prendront de haut.
Submitted by Iron_Wraith — Jun 15, 2026
Regardons-nous, implacables viandards tout autour A l'affût de la chair à moignon, le festin des vautours Il n'y a rien à jeter, on ronge même les os De peur de ne pas se gaver suffisamment Ca bouffe avec les mains, la bouche, les yeux, la queue, tout Je nous vomirai D'avoir tant omis la beauté du chant des sirènes En les crucifiant, avant même de les avoir écoutées Souillées toutes lumières éteintes Pour les laisser crever après un ultime souffle de vie Une dernière étreinte C'est comme ça que l'amour se tait Laissant place aux bas instincts On a hissé nos vices au rang d'art Nous ces viandards
Submitted by Iron_Wraith — Jun 15, 2026
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Et je contemple D'un regard vide, le dos courbé, genoux fléchis L'étendue des dégâts Des dommages sans précédent Le rafiot n'est plus qu'un amas de bois gisant Des débris qui s'entremêlent Et je sens mes mains douloureuses La chair à vif, complètement brulées Lambeaux ondulants comme des drapeaux hissés Ces mains seront la mémoire, la stèle de ce chaos Qui, à chaque seconde où je poserai mes yeux sur elles Me diront, avec cette odeur de sang et d’iode : « Le naufrage de ton âme, est venu Lorsque tu as caressé les boulets Qui transperçaient la coque de ton navire. »
Submitted by Iron_Wraith — Jun 15, 2026
Peu m'importe ton bonheur maintenant Et même, pour être honnête, je te souhaite tristesse, regrets et déceptions En venir à haïr pour de nouveau rêver Tout se paie mais tout a-t-il un prix ? A pousser au paroxysme les chiennes de douleurs On oublie qui on est, on oublie ce que l'on vaut Je suis l'abri, le cocon de ses névroses Les faire siennes, c'est accepter qu'elles nous nécrosent Mais il n'y aura pas plus belle nuit que celle de leurs morts Quel bel acte d'amour serait-ce que de s'entretuer Mais il n'y aura pas plus belle nuit que celle de leurs morts Je t'aime, tout autant que je te hais Que je te hais Du gâchis, tant pis, plus d'état d'âme Plus froide sera la lame Abreuve-toi, à plus forte raison De ce déluge d'illusion La houle est passée. Faites place au vide
Submitted by Iron_Wraith — Jun 15, 2026
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La côte Un sentiment de plénitude, s'y dégage La houle est passée D'aussi loin que mon regard porte Je ne vois rien à l'horizon Calme absolu, vide insatiable Aucun repère, rien d'identifiable Il est beau le large, elle est belle la brume Un océan de marge lourd comme une enclume Je me sens vivant dans ce lieu inerte Tandis que je dépéris là où le monde crépite J'épouserai ce vide J'épouserai ce froid
Submitted by Iron_Wraith — Jun 15, 2026
Elles ruissellent les rivières, abondance nécessaire Toutes les écluses sont ouvertes Et sous cette pression Tout se déchaîne, tout se disperse, puis tout s'apaise Il n'existe aucun capitaine, qui, face à ce tumulte éphémère Puisse tenir le cap Garder une direction régulière Prendre les récifs pour des continents, des terres d'accueil Mais rien n'y pousse, rien ne vit Si ce n'est l'espoir Ce faux frère, qui t'emporte, te fatigue, te happe Faute de secours, on finit par couler à pic Tiré vers le fond par un cœur trop lourd
Submitted by Iron_Wraith — Jun 15, 2026
Tant pis Répugné de trop aimer la vie, bruine Famille, religion, sentiments Peu importe, neige morte Ne surtout rien tenter A chacune de ses escales, le bateau du temps débarque une gloire Mais il arrive qu'il l'a réembarque lors d'une escale nouvelle Et toujours cet insatiable besoin d'absolu De plus en plus sombre Tout est pourri Que reste-t-il de sain ? Rien
Submitted by Iron_Wraith — Jun 15, 2026