Néant
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Noireglaces, mon éternel refuge Une forteresse aux tours décapitées Dormant dans les brumes sinistres Dans le ventre de la forêt sans fin Assiégée par un hiver sans âge Et les vents de glace embrassent la vie qui s'endort Vers l'inerte sommeil À la lumière d'un crépuscule d'hiver Un chemin serpente entre les arbres gelés Des statues vêtues de lierre et de mousse Veillent sur le donjon de noireglaces Un symbole d'une gloire ancienne et enracinée Dans les profondeurs de mes pensées Je suis l'esprit qui déambule toujours et encore En ces corridors lugubres et délabrés Redorant les blasons de mon imagination À la lueur des chandeliers Projetant sur les tapisseries brodées Les ombres ondoyantes et agitées Des armures à l'acier terni L'illusion d'une scène de bataille Du faste de la table des seigneurs Je ne sais ce que je trouverai Par-delà noireglaces et brumes sinistres Au-delà du voile de douces ténèbres De ma demeure de toujours Dans son manteau de pierres déchaussées Il fut un temps où je croisais le fer Affrontant toutes les chimères Vouivres et dragons du tourment Perchés aux sommets des tours d'argent Le souffle ardent de l'anéantissement La mélancolie vibre dans les veines de pierre Et invoque les chants du guerre Je suis l'esprit qui déambule toujours et encore En ces corridors lugubres et délabrés Redorant les blasons de mon imagination À la lueur des chandeliers La mémoire de ma mort j'ai égaré Dans le dédale de larmes futiles Où j'espérais trouver ma fin Où j'attendais le sacre de la renaissance
Submitted by SerpentEve — Jul 14, 2026
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Il meurt, je le sais, Celui qui cri non loin de mes pieds, Sa voix se tordant dans les tourments de sa chair Telle celle d’un être à qui aurait été arraché Le fruit engendré par sa propre existence. Peu à peu se déverse dans son iris Un fluide noir comme la neige Proclamant la ruine de son être, La fissure béante en son esprit Se refermant sur un rien. Il disparaît lentement, Sa peau se fondant dans la couleur du sol froid et vaseux. Il regarde mes yeux, il les dévisage, C’est étrange. Je me rappelle alors le sentiment Qui m’embrassait lorsque je suis né, Cet abandon à tout ce qui est, Sans toutefois connaître le chemin emprunté, La fin dessinée. Je me demande s’il rejoint ses pères Ou les infinis amas de poussière. Il me donne mal à la vie de le regarder. Cela fait déjà un mois Que je l’observe s’éteindre, J’ai aujourd’hui peine à le distinguer du brouillard, Son regard est terne, recouvert de boue. Il est pourri, Une charogne parmi les rochers. Il est mort, je le sais. Les racines des arbres Se complaisent à croître par ses orifices. J’ai confiance, ils prendront soin de lui. Je peux à présent repartir, Comptant sur mes doigts tordus Les longues années me restant Pour découvrir ce qui me retient ici Plus que celui qui vient de me quitter, Il avait l’air à se plaire là-haut, Les yeux pleins de boue, La vie pleine de trous.
Submitted by Nargaroth — Jun 18, 2026