Chimères
Rien qui ne soit bâti Sur des cendres Ne survit De Damoclès, j'ai retenu l’épée Toujours létale, bien qu'émoussée Par les épreuves, par mon chemin J'ai retourné la lame, anéantissant leurs ineffables desseins Tranchant au vol quelques crotales Autant de trophées à laisser pourrir De la vengeance légitime Au-dessus de la mêlée Marquant au-delà des esprits Occupant l’essеntiel de leurs cœurs maladеs Nourris de grappes de malveillance Je suis en cela le fléau du siècle Goûtant l'agréable compensation Du chaos maîtrisé Embrassant ma destinée Celle du sempiternel retour De la menace légitime De l'anomalie parfaite In fine Le seul héritage qui vaille La seule victoire immuable C'est le sentiment profond L'exigence vertébrale La clandestinité ancestrale Pour les miens Pour les nôtres Contre les autres
Submitted by SerpentEve — Jul 17, 2026
La figure erratique du monstre Rompu vif et jeté au feu Pendez les putains et les esclaves Trébuchants La nouvelle lignée Marquée au fer rouge De naissance dévolue À la sérénité Par-delà les murailles D'une cité infernale L'invétéré patriarche assailli De questions aberrantes De terreurs infinies Laissant s'exprimer, par bribes Les héritages honnis Embrasser le passé C'est surtout le détruire Par une étreinte angoissée L'asphyxier pour de bon Bientôt aguerris aux colères homériques Ces titans adorés vaincront sans peine Des océans de rage, ils n'en font qu'une Marre futile À la descendance triomphante Le protecteur reconnaissant
Submitted by SerpentEve — Jul 17, 2026
Le quinotaure impavide Pourvoyeur de déluges L'élément liquide est son ultime refuge De la mer nitescente D'une planète éthérée Né pour régner Âpre au combat Une couronne de laurier Sied son noble front Par ses pairs, consacré Tristes sires, renâclant des faits d’armes Et autres glorioles Dont l’aura continue, malgré tout, de brûler Des empires moribonds Réduits à la glorification Dе l’inculte Il sonne la fin de cе désespérant spectacle Il est temps, désormais, de se réinventer
Submitted by SerpentEve — Jul 17, 2026
Logique illusoire, suffocante et pénible Qui annihile l'instinct Comme la croix au centre de la roue Les dents abîmées par Des larmes corrosives J'ai le tort de baisser ma garde Quand le rouge sang accapare l'horizon Garder la tête froide quand on nous l’a tranchée La douleur foudroyante Comme fragile rempart Au charme assassin d'une fleur fanée Pygmalion, de sa chaire Contemple la créature еmpruntée Promises à d'autres Entrе fantasme et implacable réalité Entre l'aridité désertique et l'archipel luxuriant D’intégrité et de stigmates Sous les fourches de Mani J’ai trouvé le salut et l'évidence a fait fi Du criminel superflu
Submitted by SerpentEve — Jul 17, 2026
Talon d’Achille sans équivoque L'envenimation manifeste Qui contraint même héros et dieux Aux stratagèmes les plus abjects Pour abattre des dragons épouvantables Provoquer une pluie d'or Qui défie la tour d'airain Ainsi tromper la vigilante harpie Et dévorer le saint des saints Tel un carnage de chimères Dont on ne s'extrait que par le glaive Ces viragos impossibles Des fardeaux que l'on s'inflige En toute âme еt inconscience Pénible еt violente fut la fuite En avant de ma propre perte J'en ai saisi toute la substance Et en ce siècle de ténèbres Aux cycles désormais éclatés Des fléaux prévisibles Sans répit se succèdent Au son de l'insane sororité Nous condamnant, guèbres de l'âme À la nébulosité
Submitted by SerpentEve — Jul 17, 2026
Trois lunes Forment mon système Une île dans l'entrelacs De rotations complexes L'écrin onirique des passions Délétères, mystifiées Où les univers se retrouvent magnifiés Dans un regard sans échappatoire Des vestiges d'outre-temps Aux profanations insulaires De l'éternité d'un moment Aux autels éphémères Malgré les essaims Et la rumeur lointaine Qu'on disperse sur l'île de rien Les cendres pérennes Des trajectoires parallèles Tordues par la volonté Je vous salue Bien-aimée puissance Sainte convergence Ultime chimère
Submitted by SerpentEve — Jul 17, 2026
Vieillir, c’est voir monter le Passé Et s’estomper les lignes présentes D’une blondeur qui tourne au gris des cendres Sous un soleil doux, comme lassé Tout devient trouble comme en une angoisse Nostalgique et tristement espérante Ô soir dissolvant, à l’air suave, trop moite Éternel Soir où du révolu et sénile se lamente Voguerons-nous, perdus en l’éther sans limites Ou réaliserons-nous les rêves anciens Sur une étoile, au-delà des zones ultimes Confusément perçues par les regards humains ? Comme un espoir de jour dans la poix des barathres (Librement inspiré d’un poème de John-Antoine Nau, 1908)
Submitted by SerpentEve — Jul 17, 2026