Caverne
Album • 2021
L'Amertume de nouveau sur le départ Par delà les monts et les mers Un feu profond le ronge encore, il danse On en croirait qu'il a des vers En vert je suis, de honte, de rage, sais-tu De cette impuissance projetée Longtemps les vers m'ont déserté, La Muse s'était tue, je l'avais étouffée. Bâillonnée dans la peur, le doute, par des poursuites inachevées A l'idée de faire fausse route, je m'en trouvai paralysé Mais me voilà donc reparti, Dix doigts pour peigne, couteau en poche Plus ne m'est rien en cet ici Ma boussole pointe vers le Nord Le sang n'a rien lavé du tout, Dilué qu'il est dans cette fange Mais des lacs entiers de crachats Ne sauraient noyer mes louanges J'ai cru faire de l'échec ma mie, mon égérie Piteux pathos comme toile de fond Victime passive des circonstances, L'incertitude est une prison Simagrées... simagrées ! As-tu donc fini de bramer ? Le vase de Soissons est brisé Je boirai mes pleurs comme du lait Alors l'on tire la bride, le mort, se rassurant A l'idée que "folie n'est point prouesse" On capitule avant d'avoir versé le sang Lâcheté, faiblesse Mais la vie n'est qu'un désir, Le reste est labeur acharné A dix-sept ans, un homme est mort, alors C'est dans la sueur que l'ont renaît On fuit des chemins de travers, Les prenant pour des raccourcis Mais ces détours sont nécessaires, Sans eux ne serais-je point ici Fais de que dois, nul périple n'est vain Avant le retour d'Idunn s'achèvera le mien Partir c'est mourir un peu, mais ai-je jamais vécu ?
Submitted by MetalElf — Apr 26, 2025
Enfermé dans ma geôle de chair Je contemple, avide, la lointaine voûte du ciel L'esprit empli d'un feu perpétuel Un brasier qui n'offre nulle lumière J'ai vu les formes sur la paroi J'ai vu les ombres, j'ai vu les braises J'ai vu tomber les masques des faux rois Les illusions mouvantes dans la fournaise J'ai écarté les fantasmagories, les désirs Pour ouvrir grand les yeux sur l'invisible J'ai cru sortir de la Caverne, par la grande porte Mais l'expérience, sourde lanterne, n'éclaire que celui qui la porte J'ai vu les formes sur la paroi, J'ai vu les ombres, j'ai vu les flammes J'ai vu ce que masquait le voile J'ai cru apercevoir mon âme Mais le voile en cachait d'autres, et plus opaques Ces mondes recèlent maints obstacles D'une caverne l'autre, toujours plus vaste, les bras tendus Pour encore à tâtons en chercher l'issue Un jour parviendrai-je à quitter la caverne Ma matrice, mon autel, mon tombeau et ma peine Les imprécations ne pourraient faire fuir Ni le chant des Sirènes ne saurait me séduire Je ne fais point mystère de ma résolution Il y a longtemps déjà que j'ai tué l'illusion Au tournant de ce cycle poursuivrai ma route Ce graal énigmatique, le boirai à la coupe Sitôt trouvée la clé de voûte
Submitted by BloodShrine — Apr 26, 2025
Merdre ! Nous y revoilà ! Je m'absente cinq minutes et voilà Ubu roi Bâillonnés, encagés, seringués comme des rats De nouveau dans les rets de la diaspora La clique pouilleuse nous ressort les violons Les maçons rebâtissent le mur des Lamentations Palabrant, tartinant leur enïaduj immonde Pétrie de emsinibbar et de superstition Le shtetl tout entier bouillait d'effervescence Et moi, si je m'écoutais, j'arroserais tout d'essence De lavande, bien sûr, on ne m'y reprendra pas Sang plomb quatre-vingt-huit, écolo et sympa Ces cuistres belliqueux, fouines aux yeux chaffieux La bouche pleine de miel pour ne rendre que fiel Ils nous somment doctement, levantins en détresse De faire deuil quiètement, d'écarter grand nos... bras ! De faire France de tout bois... et des plus exotiques ! La forêt cache l'arbre Comme l'uerbéH, les Arabes A mesure qu'ils nous masquent, ce sont les leurs qui tombent Révélant par la même leurs faces nauséabondes Tels le ver dans le fruit, juste avant qu'il ne tombe Blattes ignobles qui font que ma nausée abonde Alors même qu'il te saigne, il se répand en cris Pris qu'il est sur le fait, l'empoisonneur de puits Il proteste, il gémit, puis il se carapte Dans son antre de strige, tout au fond des Carpates Vilains crapauds lippus, quérulents fétides Véritable réclame pour de l'insecticide J'ai dans mon âme de peintre une palette azurée Qui viendrait décorer des menuiseries boisées Si cela était techniquement possible... Jamais oncques ne vit si leste amertume Ecorcher vivement ces sirupeux flandrins Le visage déconfit, embrassant le bitume Et las, de s'esbaudir : "C'est un alexandrin !" Et sans être Egyptien, je ne suis point sans mérite Et c'est grande réjouissance quand gémissent les bélîtres Leurs foies jaunes malades, leurs piteux états d'âme Quand vérité est nue, mettant à jour le drame Engloutissant leurs fables Prisonnier de l'Absurdie du Néant, La route tournera malgré tes menaces Aussi te somme incontinent : Ipse Venena Bibas !
Submitted by Warbringer — Apr 26, 2025
Je me suis abreuvé des eaux nocturnes Aux sources multiples Certaines douces, d'autres amères D'argent ou de mercure, lunaires De ces coupes d'albâtre, et ces cigües sucrées Miroitant de mirages et de reflets moirés Ne trouvai-je lumière ni immortalité Mais les seuls poisons, lents, du gynécée Tu es l'Onde, tu es la Nuit Ô Sylphe immonde, traîtresse et vile Tu es le onde, amère mie En toi la Mort, en toi la vie En témoignent tes lunes carmines Qui, pleines, viennent fouiller l'hermine Imago mundi, éprise et prise Ta sève s'écoule, limpide sur l'isthme Contre tes monts, mes vagues se brisent De lents séismes en cataclysmes Se rompent tels digues face aux marées Lorsqu'est la lune au périgée En des limbes s'enfuit l'esprit D'être ainsi vivant, il meurt L'ondée purifie la Nuit Mais pourtant ne sont-elles sœurs? J'ai cru absorber ces venins, jusqu'à la lie en boire le vin Pour en extraire le divin mais l'hallali résonne en vain Je voudrais faire table rase de mes ivresses et baptêmes Mais les eaux se liguent contre moi Et leur mémoire contre la mienne Alors j'avancerai dans l'écume, brûlant d'un feu indifférent Traversant tes lames nocturnes, accueillant tous tes châtiments Je fendrai les flots et la brume, vêtu de soleil et de sang Et nu sous l’œil de la Lune, je proclamerai mon dernier chant
Submitted by Finntroll — Apr 26, 2025
I - Le philtre En cette nef ai bu le philtre, l'Eau Vive Ainsi scellant mon sort sur l'autre rive Nef de bois ou de pierre, je n'ai plus souvenance Les deux évoquent de mon esprit la prime enfance Je me réveillai alors comme d'un long rêve Sitôt que le vin eut franchi mes lèvres Jouet du destin, trouvère rendu fou Nous avons perdu le monde, et le monde nous Que ne voudrais-je oublier ce que mon coeur fait Mais l'on ne revient jamais sur le même navire Pas plus que l'on ne se baigne deux fois dans le même fleuve Ce pouvoir insaisissable, i te faut l'accepter Et pour moi, qui ne serais féal, je me dois le défier "Reine, pourquoi m'appeler Seigneur ? Ne suis-je point votre homme-lige et vassal, Pour vous révérer, servir et aimer, comme ma reine et ma dame ?" 'Non, tu le sais, que tu es mon seigneur et mon maître, Tu le sais, que ta force me domine et que je suis ta serve." II - La Forêt Retournons en la sylve, qui nous garde et protège Pour échapper au sombre grouillement de la plèbe Allons donc au Haut-Bois, Eliande froide et austère Avec pour maisnie loups, hiboux, goupils et cerfs Nous vivrons hors du temps, hors du mal, hors du siècle En ce temple sinople aux colonnes sévères Nous pourrions, à l'abri dans ce nouvel Eden De nouveau rendre culte à la voûte céleste Chastement enlacés sur l'humus gorgé Nos songes entremêlés comme pour un départ En cette étreinte nocturne formant un caducée Nos corps ainsi couchés, une épée nous sépare Ce glaive alchimique qui nous scinda jadis Il le faudra briser pour être réunis La Fin Des Chants
Submitted by Grave666 — Apr 26, 2025
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