Une ombre régit les ombres
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Sur le cadran des heures Les ombres dansent, les ombres règnent Quand rêves et veilles s'unissent Les flots d'aise, de peine, que l'épuisement libère Au faîte du geste, sur la toile blanche qui dit au peintre « Tu n'es capable de rien » Comment décrire ce que même les sens peinent à saisir ? La raison fondre dans un amas de couleurs La muse enivrante murmure des songes de splendeur À l'esprit faible qui la mande et à elle se rend Les ombres s'allongent aux heures les plus sombres L'exécution tempère, tempère le tourment Et comble en un instant, comble la béance immanente Le contentement à l'épreuve de l'immense L'inachevé prohibant le silence Un regard sur la spirale de son ouvrage, un ciel de vertige flamboyant Achève par le détail la veillée angoissante, rythmant de la pointe imprégnée ses élans Repentant des échecs et énièmes faux espoirs Les nuées noires s'envolent des champs d'orage qu'il sème À l'aphélie des siens pour atteindre un ciel si froid Lui dont les ailes si adroites disparaissent en pluie de cendres Le spectre des heures défile comme s'éloignent les années « Et le peintre en somme ne dit rien, il se tait, et je préfère cela » Naphtalia (x9)
Submitted by NecroLord — Jun 23, 2026
Sous les arcs, elle règne en sentinelle Veille sereine, solennelle et sévère Cauchemar, érigé en art noir Veinée de lierre, la souveraine chimère De l'empyrée, gardienne de pierre Cerbère féal, guivre anceisurale Défiant le ciеl et la terre, lе temps dans l'ombre sanctifiée La froide étreinte des ondées Nuits et nuées lentement, encore et encore Érodent du ciel, l'angoissante silhouette Qui inspire les peurs, d'un silence de cairn Murmures lancinants, hurle en silence Perdue dans l'absence Arpente les siècles, prisonnière de sa chaire Seule en sa cour de poussières Stigmates de la patience, ruinent ses traits Symbole de son impuissance Attentes trahies, nul espoir n'impose sa lumière face au vide De vestiges en cendres, mémoire échouée dans les ardentes vagues du temps Grave adamant, dernière stryge d'un tableau s'effaçant Pourquoi veiller ce qui à jamais dort La mort en miroir toute chose contemple Sous l'effort et la rage, ses ailes se craquellent, se déploient, se déchirent Assombrissent le ciel Les fissures s'étendent le long de ses membres Son corps se lève, meurtri de tourments Les griffes éraflent le sanctuaire honni De sa prison d'éternité, s'arrache Elle chante sans mots sa douleur, carillon de ses espoirs L'équilibre change, renverse l'axe et se penche D'avant en arrière, l'horizon avance La travée dépasse, le vitrail surplombe Un rebord ouvragé sous ses serres se lézarde Sous ses pas défilent les tuiles Vers la gueule des déversoirs Promontoires sculptés sur le vide En mouvement de grâce elle s'élance Une horreur ailée dans un crépuscule mourant Les voiles d'ébène noircissent le couchant De ténèbres, temps perdu en vain Vanité des siècles achève la gloire par le néant Ses souvenirs s'envolent en feuilles d'automne Les regrets, peu à peu, délestent son être L'eau s'écoule, miroir de défaite Le présent lui appartient, un moment de cristal Se couvre en sifflant d'une robe de vent Le temps figé, la conscience en suspend Gueule ouverte d'effroi, géhenne peinte de croix [Sous la pluie, se lamente un soupir Se dessine un sourire accablé Figure atterrée de démence brisée En silence ramasse un à un les débris épars de son âme]
Submitted by NecroLord — Jun 23, 2026
D'un bleu régalien au nadir enflammé, étendards élimés tâchés de sang Anciens champs de gloire de lys parés, du blanc pur l'or au cœur frappé Par décret d'assemblée, dans les loges sanglantes, l'expiation par la mort est votée Par les sermons de juges conjurés aux serments abjurés Enfermé Dans une tour de silence Loin, loin de tous les siens Froide solitude imposée dans l'ombre Avant que le soleil ne poigne, le dernier matin Pardonner, pardonner sans oublier, attendre l'aube et subir la nuit Ressasser la trahison Venue estafiller le blason D'épines la couronne est ornée, le ponant se soulève Défiant les lumières aveuglantes, violentes qui créent l'ombre d'un tyran À l'aurore, s'éclaircit l'hiver quand s'assombrissent les âmes Mourir s'il le faut, pour eux Ascension éternelle, sereine, dos au vent, ultimes mots glanés sous les tambours grondants À la grandeur le déshonneur au pardon l'insulte, à l'épreuve du silence les cimes frissonnantes Une seconde d'éternité suspendue sous la lame fendant l'air, les mains liées mais altier Qu'un éclair d'argent achève Le venin d'une ligue véhémente empoisonne les racines Souille et maudit le sol, fait fleurir le lys noir du deuil Pour des siècles voilés d'un linceul Le canon tonne, sonne la défaite, condamne l'innocent Les caniveaux de la constituante, sous de noirs vivats Entérinent la concorde des traîtres, sur un corps tombé deux fois Déclin d'un astre rugissant, aube empourprée de sang
Submitted by NecroLord — Jun 23, 2026
Les décombres de la mémoire, envahies de ronces Une ruine en prélude à l'oubli Les blanches défilent, les secondes supplicient ce que les heures rapides abîment Le temps inconstant scande les vies et les ères des être et des ombres La grâce ciselée à la gloire du ciel dans son ombre rythme les jours qui passent Une flèche parée d'un vitrail dont les teintes dans l'obscurité s'effacent La ruine et la mort dans l'indifférence s'entrelacent quand font la décence Quand dans l'inversion des valeurs et des sens lumières et ombres se confondent Les statues prostrées dans l'attente, l'attente des derniers jours Les sépultures spoliées, le marbre des marches ébréchées L'horloge dissonante, au balancier pesant, lancinant, déréglant tout instant À chaque nouvelle seconde s'éternise et s'abaisse Le vernis noble et ancien effleure et déchante Parcourir la galerie des portraits effacés Des visages sans traits, des silhouettes incertaines n'ayant jamais existée La nuit cède à l'aube, abdique au midi, se rend au couchant, s'efface dans la brume La clepsydre implacable décompte en silence les affronts de l'ombre au dessus des ombres Solitude et abandon quand la nuit la plus longue devant soi s'étend Sur les ailes du temps disparaissent les heures Des espaces éternels s'ouvrent entre deux battements Les regards vacillent entre hier et l'instant, et dans le vide les ombres à jamais dansent Après la peur, quand vient la nuit Plus rien ne compte, pas même les heures Un empyrée de voix orphelines oubliées Murmures d'étoiles déjà éteintes
Submitted by NecroLord — Jun 23, 2026
Les vents se lèvent en un concert De feuilles brunes et ocres Chassant les dernière lueurs d'un long crépuscule d'été Et les restes de chaleur d'une vie bientôt éteinte Le voile éphémère et sublime d'une mélancolie à la beauté diaphane De l'or de sa traîne estivale, en passant aux crеux des vallons flamboyants Ride les coins dеs yeux rieurs de qui ressent la rigueur des ans volés Précède et étude l'ombre froide, l'ombre froide marchant dans ses pas L'automne fuyant les avances du vent du Nord Se réfugie dans la lumière déclinante, et dans le froid s'endort L'aurore surprend la frêle silhouette ensevelie Captive sous un manteau opalin, seule Et que le silence recouvre Et dans la grâce abdique, et à son sort se rend Disparaît entre ombre et reflets dans le couchant
Submitted by NecroLord — Jun 23, 2026