Jehanne
Les voix d'or percent La pénombre à l'orée des chênaies Exhorte à prendre les armes Presse à tarir les larmes Emporter les batailles Où l'ombre fuit un champ clair De lumière et d'azur Au Lys insigne les clefs des cités Aux mains les ayant forgées Et les parjures de défaite châtiés Chemins retors à travers plaines et forêts Comme en les corridors de patience et piété La fragilité et la force entrelacées Feu d’yeux clairs sous frange de jais Vainc la défiance vaine de l'incroyance Par ferveur et péril dans la constance Et par la Porte de France dans le froid s'avancent Voit le lys au jardin du Royaume Dans les ronces et les roses Au hault le boys, au pied la Vienne Assise dessus pierre ancienne Porte le regard vers les fumées de la Loire embrasée Les tours soutiennent les lys sans faille Tissent l'emblème du ralliement Prend l'étendard de par le Roy De par le Roy du firmament Pennon et bannière de blanc en majesté hissés Anges peints claquant sous le vent délivrant Tels délivrent les volées de fer de Fierbois Martelant le destin Valois Sommant les Anglais d'aller Ou en terre délivrée sans salut reposer
Submitted by NecroLord — Jun 23, 2026
D'aval en amont, de combes en val De bastions couverts Écho porté d'une pucelle armée Feu vif embrasant âmes grisées Prises à rêver de cieux Sur les cours lassés soufflent brises Ravivant bruissements D'un espoir de dix-sept ans Armé de foi sous le Roi À délivrance engagée d'Orléans assiégée L'acier et l'insulte en réponse à Dieu et raison Les murmures éveillent aux clameurs du fer croisé S’apprête pour la guerre et la peur toiser La bannière à la main par lucarne déployée Criant en son sein À la perte du sang français Rallie, avive, inspire, flamboie, relance Et reprend l'en avant vers la délivrance Dans l’ombre de la bastide hérissée Le saint étendard brandit en majesté Figure enracinée entre courants déchaînés Menés battant contre murs effondrés Les morts semés sur le chemin des présages Voguent aux premières larmes de Jehanne Saison de peine, mais voix sereines En elle s'apaisent les alarmes Les nuées déciment les rangs Un orage d’acier Se figent les miroirs de l’âme Vide d’éternité Les doutes entachent la piété Aux jeunes années volées Capitaines esseulés par la mort Dans les champs de cruauté La fuite enlise le panache fleurdelysé De volontés non forgées Et le pied des remparts Est mouroir fermé Encore et toujours que tombent les pierres S’écroulent les murailles Les ombres des mourants peintes de flammes Nuls rapines ni incartades Sous l'éclat bleu pâle La vague à écume de fer, impétueuse emportée Que nul récif ne peut déchirer Grisée et fidèle sous la Hire et Dunois En ordre sous bannière déployée, au nom du Roi Sa flamme entière attire Les éphémères à l'étincelle divine Le brasier naissant déborde l'âtre Dans le foyer de la forge des âmes Les échelles s'élèvent sans fin Portant les cœurs sous l'acier Les hommes dans l'ivresse, s'approchant des cieux Dans la messe guerrière reflétée dans ses yeux Les âmes élevées par la grâce À la conquête de la dernière place Temps suspendu sous menace constante Chaire lacérée par une pointe acérée Se relever Pour les défier Blessure non charmée Y retourner Et l'emporter Se presser et tenir, tenir encore Faire s'effondrer l'emprise Alliés exhortés à toujours avancer Où attendent lames et lances Nulle peur à penser Où les plaies ne se pansent Les ardents et fervents Sous un soleil dardant Suivent l'or et le blanc Hélée d'un signe de guetteur L'étoffe blanche touchant terre Dans la mêlée ravivée de clameurs Une voix ferme fend le fracas Lie le ciel aux cendres . La livrée rouge se pare de vermeil Tout est vostre et y entrez Débordés, de mailles encerclés L’orgueil arraché, le noir Glasdale sombre Sous les vivats épuisés L'ombre d'ailes blanches virevoltantes sur la victoire drapée Promesse d'une aube célébrée Sur toutes terres de France Et Orléans libérée genoux à terre se recueille
Submitted by NecroLord — Jun 23, 2026
Un orage scandé de chants, divine colère d’acier Elle mène vêtue de blanc, colonne guerrière étincelante Au Nom Seigneur, Royaume et Roi Fuir ou mourir, loin de chez soi À la charge du rempart choit de l'échelle D’une fronde heurtée de plein fouet Le vertige soudain et le choc au sol Main à terre face tempête se dresser Au dessus la mêlée l’oriflamme garder Contre les insultes ennemies Haranguer les siens, les exhorter Relever l’étendard au fossé Les sursauts défont les défenses affaiblies Et s’effondre le front sous les coups aguerris La fuite empêchée tire son arme Adoube et la rend aux pieds des vainqueurs Rancœurs et peines d’un triomphe voilé Que piété et pitié parviennent à sauver Nulle âme de mauvais sang entachée Des haines sauvés par charité Lors l’exilé à la guerre porté, à travers les rangs sème l’hostilité La ferveur d’antique fidélité, contre intrigues et serments jurés Mène à sombre choix les alliés entre audace et disgrâce Si de par Dieu nulle crainte, si de par diable moins encore Contre Anglais de lâches menées, se fait la voix d’une seule armée Demain au plaisir de Notre Dame, nous nous verrons de plus près Noblesse grisée d’orgueil, que la mort emporte dans sa morgue ravagée Vaine arrogance renversée, étendue drapée d’étendards lacérés Le chant primordial des lames vibrantes embrase les armées Les citadelles rivales enflammées Un horizon constellé dans l’air moiré Le val est sentier de braise flamboyant Dans la nuit rougeoyante sur terre noire Un valeureux cortège triomphant Ciels de gloire mirés en Loire Troyes dominée murmure en ses halles Les herses baissées, le roi sur le seuil Armes et hampes secondées de voix Clefs remises aux mains destinées Virent les visages délités D’élites ouvrant l’huis de la cité Infinité d’éphémères Ailes blanches sur bannières La liesse se voile d’outrage, de par le roi Dont le dit d’infamie l’ennemi épargne et renvoie Emportant captif dans leur nuit, franc noble sang Que Jehanne embrasée de colère ravit, pour l’honneur Nombreux les doutes grandes les peurs Les heures comptent comme les jours Là où les blés se tâchent de pleurs Dans les mêlées de regards fiers de foi et fer entrelacés Frêle brise à l’allant émaillé De ses voix portées en chœur De chants de batailles Ténèbres percées de lumière Voix de cristal dans le noir Blessée insultée altière Volte par milliers flammes blanches hissées aux lances nobles armées Villes ouvertes, places conquises, prières au ciel, gloire sur terre Resplendit dans la clarté de la Seine vers les ors de Reims
Submitted by NecroLord — Jun 23, 2026
Sueurs, sang et larmes à batailler Les ennemis, doutes et alliés Enfin les factieux gagner Vaincre l’indécise Reims L'alliance terre et ciel Le trône et l'autel Mène le Roi à son règne Et par le sacre sauve Nuit étirée d'infinie, nulle grave inquiétude ne grève Les ferveurs lointaines, au silence retrouvé Compte créances à Dieu puis credo Nuit hors du temps, suspendue aux fils d'or En nef les bannières déployées par rangs Nuit claire se constelle, gronde l'horizon Vêpres sonnant vifs gestes d'apprêts S'écartent les multitudes d'Est à Ouest Vers la cathédrale Procession et cortège Roi et sainte ampoule Au parvis se joignent Lame à l’épaule, l’âme sanctifiée Étendard à la main pour sa peine Que son règne enfin vienne Onze mains sur couronne apposées Onction par aiguille d'or Tête, torse et paumes À la voûte montent les psaumes Larmes de joies au serment, les voix accomplies Aux pieds du souverain se presse Les cuivres tonnent des clochers aux canons Proclament les ralliements par vaux et monts Vont les mots prompts et promesses, promesses de sujétion Les racines et cimes en accord s'entremêlent Refondent l'ordre ancien par le sacre qui appelle Celui auquel le royaume appartient Villes et pays s'exaltent, des foyers aux parvis Où se murmure et se prie, se prie le nom de Jehanne
Submitted by NecroLord — Jun 23, 2026
Ayant tant donné à l’éclat du lys Par son sang et sa vie épanchés Ayant tant vu, vécu et emporté Au nom de l’éternel Auquel son sort se scelle La peur ombrant son cœur Les chœurs dans l’air vibrant Enfiévrant veines et sens Main serrée sur hampe ternie Chandelle qu’un souffle dérobe de sa flamme Les Dames droites à ses côtés Dans la plus pieuse des attentes Bonté et tristesse enchevêtrées En une sentence de fatalité Douces voix au cœur Éteignent les braises de ses yeux Quelques mots effleurent Les vieilles peurs Révèlent la fin de ses vœux Dans le froid des fossés Seule au milieu de tous Sa quête achevée Ses espoirs au passé
Submitted by NecroLord — Jun 23, 2026
Indécis soufflent vents contraires Menaces étrangères vainquent réticences rentières Prend Saint-Denis et prie pour Paris En modeste chapelle recueillie Épée tirée en Nativité vaut craintes d'impiété Hardiesse supportée des victoires passées Est élan de perpétuelle volonté Les clairons sonnent la charge Les attaques se font et se défont L'en-masse est lame de fond Toutes forces assaillant les boulevards enlèvent Aube sanglante jour saint n'empêche Viennent à s’échouer les espoirs de tous les siens Ceux qui bâtissent sans fin ces gloires partant de rien Pour mieux les pleurer devant l'autel foudroyé Entendre le souffle dans la nef éternelle Du champ des morts au chant des cieux Cœur silencieux en chapelle de marbre Elle eut été prise, en un murmure Dont l'écho conjure de tenir À l’aurore les ralliements, aux rêves d’acier Proclamant la délivrance de Paris Contre voix par le roi cessent les assauts Tombe l’ombre sur les heaumes ébréchés Cœurs glacés au repli intimés sous le glas fatal Renoncer aux murs fuir ennemi et gloire Cris au ciel ire de Jehanne sous l’outrage Déplorant l’injure aux morts par le parjure Ornements recouvrés en majesté Intronisé sous vivats de courtisans Lors âme seule au sanctuaire se recueille Dépose ses armes aux pieds de la Dame Se fane l’or du lys Nul baume son armure fissurée Perte de si hauts espoirs Une délivrance si proche, si loin
Submitted by NecroLord — Jun 23, 2026
Devant la très fidèle les tranchées Par fratricides gardées À sa parole loyale mais troublée Malgré augures Compiègne retrouvée Contre peur et temps faire face et oser Aux cieux se confier, s’armer Six cents âmes lancées dans l’aube pâle Sous lames effilées naissent râles Dans ses yeux d’attente étonnée Pour les siens libérer Les saintes voix auraient grâce accordé Le présage trompé L’ennemi enfoncé Par les craintes leurrés Fol espoir d’humanité entaché Tout pouvait être emporté Ce qui voguait finit par sombrer Détresse dans l’absence grandissante des siens Encerclée de couronnes usurpées Cernée d’épines, sans Roi Désespoir à hauteur de foi, vers le vide Échouée et étendue sur la pierre glacée À ses gens l’âme liée Ne fut livrée par personne Mais constamment trahie par tous ceux Qui la devaient le plus soutenir Délivrance d’une ville meurtrie Par grands assauts triomphants Leurs vies amies par voix promises Sont doux murmures délestant Rend grâce et créances de prières Apaisée en geôle prisonnière En son être au ciel l’obligée En ses fers au royaume sacrifiée Chemin de croix vers l’éternité Roi grêlé de faiblesses, d’ombres charmé La très fidèle au trône délaissée Cent clochers de silence scellés Dans l’attente tout se tait
Submitted by NecroLord — Jun 23, 2026
La nuit porte les peurs aux tréfonds de l'âme Aux tréfonds de l’âme cernée Droite et fière au procès dans la tour Dans la tour couronnée La noirceur s'acharne sur sa flamme Sur sa flamme hésitante Sa citadelle d'espérance aux fêlures menaçantes Confond la malice des imposteurs Tel le pieu fiché constante et ferme resterait Honneur sauf n’épargne pleurs Par la relapse nulle grâce d'une sentence Dernier vertige sans recours ni pénitence Les regrets sont braises au vent Que la Seine emporte à l'aval des peines Dans l'éclat d'une aube libérée des nuées nocturnes Par les monts où résonnent d'anciennes chevauchées Aujourd'hui apaisées à la lueur du levant La douceur des brises des marches Loin des pierres grises et des fers au corps Un hêtre frissonne aux mélancolies guerrières L'ombre a fuit le champ d’azur et de lumière Et dans la pénombre des chênaies Silence ou murmure Jehanne est sur les lèvres Voix tues, chants éternels
Submitted by NecroLord — Jun 23, 2026